ÉDITORIAL

ÉDITORIAL René Guénon

Description détaillée des rituels

des trois premiers grades de la Maçonnerie française en 1785

             Au XXe siècle, Shrî Râmana Maharshi fut une des expressions vivantes de l’Orient immuable, détenteur de cette sagesse supra-rationnelle et « non-humaine », dont René Guénon a fait découvrir l’existence aux Occidentaux. De nombreux livres ont été consacrés au Maître de la Montagne Rouge – Arunachala –, pourtant aucun d’entre eux n’aborde de manière profonde l’aspect initiatique de sa fonction. Était-il d’ailleurs seulement un saint qui exerçait uniquement « une “action de présence” » ou un guru, au sens technique du terme ? Quelle fut exactement la position des lecteurs de Guénon qui voulaient mettre en application son enseignement vis-à-vis de cette fonction spirituelle ? Quelle influence eut-elle sur eux, et quel rôle jouèrent-ils à cet égard ? Bien loin des remarques vagues et convenues, mimétiquement répétées que l’on peut généralement lire, ce sont les réponses à ces questions qui sont proposées, avec acribie et pour la première fois, par M. Stanislas Ibranoff à l’occasion de la deuxième partie de son étude critique d’un livre récemment paru.

                     De son côté, M. Jean-François Houberdon nous propose une étude générale sur les symboles fondamentaux de la Science sacrée coranique. Il l’inaugure par un article consacré au symbolisme de la « distance de Deux Arcs » (Qâba Qawsayn) mentionné au verset 9 de la sourate de l’Étoile. Ce symbole se rapporte à la proximité des deux moitiés d’un cercle séparé par un diamètre. Ce cercle est celui du Tout Universel, la moitié supérieure correspondant au domaine principiel et la moitié inférieure à la manifestation. À plusieurs titres, l’importance de ce symbolisme primordial est majeure dans l’ésotérisme islamique. C’est un support par excellence à la fois de méditation des significations doctrinales et de réalisation des vérités initiatiques correspondantes. Cet article sera constitué de trois parties principales : une présentation générale mettant en parallèle les données de l’Hindouisme et de l’Islam relatives au voyage spirituel, suivie de l’interprétation de sa phase finale dans les exégèses du Coran et de la Sunna ; l’enseignement d’Ibn ‘Arabî sur ce thème du Qâba Qawsayn ; et les diverses applications métaphysiques, symboliques, et cycliques de cette doctrine.

                 On se souvient de l’appel aux bonnes volontés lancé par M. Laurent Guyot, à la fin de son étude parue dans le n° 12, pour réunir et traduire tout ce qui concerne la Maçonnerie opérative de Clement Stretton. Comme le rappelait M. Pierre Noël, qui a découvert que les « cinq voyages » de la réception au grade de Compagnon décrits dans le Régulateur du Maçon correspondent aux cinq degrés des Opératifs : « On peut difficilement énoncer un avis sur les rituels de la Worshipful Society of Free Masons sans les avoir jamais pratiqués ni seulement lus. » Il est avéré qu’il y a dans ceux-ci des éléments symboliques et initiatiques dont on ne trouve aucune trace dans la Maçonnerie spéculative. Ils donnent souvent la clef de certaines énigmes des rituels spéculatifs. Outre d’avoir enfin une idée impartiale sur l’apport de Stretton, en rendant accessibles ces textes aux lecteurs de langue française, il s’agit évidemment de « rassembler ce qui est épars et répandre partout la Lumière ». Comme bien peu se sont proposé pour participer à ce vaste projet, faut-il croire que le souci de la manifestation de la vérité à ce sujet n’intéresse pas grand monde ou demande un trop grand effort à la plupart ? Ce ne serait pas pour nous étonner dans l’époque où nous vivons. On sait néanmoins que le nombre ne fait rien à l’affaire, et nous sommes reconnaissants à M. Pierre Notuma d’avoir bien voulu apporter gracieusement son concours. Nous remercions également son ami, M. Gilles Pasquier, historien et spécialiste de la Franc-Maçonnerie, pour sa collaboration. Que ceux qui hésitent encore les prennent comme exemples, et rejoignent ce projet commun.

                  Dans le numéro précédent, M. Greif avait évoqué les influences du Centre suprême dans le rôle joué par ce « Supérieur Inconnu » qu’était l’Ami de Dieu de l’Oberland au sein de la confrérie initiatique catholique de l’Île Verte à Strasbourg. Aujourd’hui, il nous offre une interprétation initiatique du Livre des Neuf Rochers de Rulman Merwin dont une nouvelle traduction a été proposée par M. Jean Moncelon et Mme Eliane Bouchery. Puisse son interprétation être un intersigne favorable dans un ordre intérieur contraire à celui, néfaste dans le domaine extérieur, et contre lequel toutes les reconstructions matérielles ne pourront rien, que fut cette année l’incendie de Notre-Dame de Paris.

 

Julien Arland

Directeur littéraire

Pour citer cet article :

Julien Arland, « Éditorial », Cahiers de l’Unité, n° 14, avril-mai-juin, 2019 (en ligne).

 

© Cahiers de l’Unité, 2019  

 

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