Numéro 17
Janvier, février, mars 2020
édition brochée, 218 illustrations et photographies, couleur, papier couché 120 g, format 19x25, 112 p.
44 €
Revue d'études des doctrines et des méthodes traditionnelles
Cahiers de l’Unité
Le Mémorial des saints
Farîd-ud-dîn Attâr
Traduction intégrale annotée par Hassan Boutaleb. Note préliminaire de Slimane Rezki. Édition Albouraq, 2020
Compte rendu
Comme le rappelle la note préliminaire, il existait déjà une traduction de ce livre, publié en 1889, par l’orientaliste A. Pavet de Courteille (1821-1889), traducteur également, avec Charles Barbier de Ménard, des fameuses Prairies d’or de Masûdi en neuf volumes. L’ouvrage avait été réédité en 1966 avec une introduction de Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-1999) aux Éditions du Seuil. Cette dernière considérait le Mémorial des Saints (Tadhkirah al-’Awliyâ’) de Attâr (1) comme une « Légende dorée » musulmane du XIIIe siècle. Cette première traduction prenait appui sur une version en ouïgour. Elle n’était pas complète quant au nombre de notices (72) et comportait des abrégés et des coupures. C’est à partir d’une version arabe complétée (97 notices) revue et corrigée récemment (2008) que Hassan Boutaleb a travaillé.
L’intérêt de la lecture d’un tel ouvrage est bien résumé dans ces quelques anecdotes proposées par Attâr dans son introduction : « On demanda un jour au Shaykh ‘Alî Al-Dakkâk – que Dieu lui fasse miséricorde ! – : “Est-ce que la personne qui entend les paroles des Maîtres et les propos des saints sans les mettre en application en tire néanmoins quelque avantage ?” Il répondit : “Oui, certainement. Il en retire deux avantages : le premier, c’est que [ces paroles] renforceront son aspiration spirituelle (al-himma) et son désir d’apprendre augmentera ; le deuxième, c’est que si l’auditeur fait partie de ceux qui s’enorgueillissent de leurs actes, ce sentiment cessera et ses prétentions disparaîtront, car il sait parfaitement qu’il est bien loin de posséder leurs connaissances”. » (p. 10).
À cet égard, on peut faire référence à cette réponse de l’Imâm ‘Abd Al-Rahmân Al-Iskâfî à qui l’on demandait si l’on retire quelque avantage à lire le Coran sans le comprendre. Il répondit : « Est-ce que le malade qui boit un médicament dont il ne connaît pas la nature peut guérir ou non ? » La réponse par l’affirmative fut suivie de ces paroles : « Il en est de même pour celui qui récite et lit le Coran sans le comprendre. Je dirais même plus : le bénéfice que le malade retire du Coran lui est plus utile que la potion qu’il boit » (p. 12).
Si l’on compare les notices de Attar coïncidant avec celle de Sulamî, pionnier en la matière, on constate immédiatement que...
Luc Desfontaines
1. Son nom signifie « parfumeur » et aussi « apothicaire », « droguiste ».
2. ...
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