Livres reçus

Ibn ‘Arabî

 

Traité sur l’Homme Universel,

L’Entrave du Partant (‘Uqlah al-Mustawfiz)


traduction, introduction et annotation par Max Giraud,

144 pages, Collection Héritage spirituel,

Éditions Dar Albouraq, Paris, 2018.

              Dans les années 1950, à une époque où le Soufisme n’intéressait presque personne, et aucun éditeur en France, Michel Vâlsan rédigea la présentation d’un ambitieux programme de traductions, commentées et annotées, pour la publication des Révélations Mekkoises (Futûhât al-Makkiyyah), l’opus magnum du Magister Maximus de l’ésotérisme islamique. Il avait déjà lui-même accompli une partie importante de ce travail de traduction. En communiquant ce plan général à des orientalistes, des éditeurs, et d’éventuels mécènes, il espérait trouver les moyens qui auraient permis la réalisation de ce grand projet. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Si une partie de ses traductions appartenant à ce programme fut finalement publiée occasionnellement dans la revue Études Traditionnelles, principalement à partir du moment où son directeur, Paul Chacornac, en confia la direction à Michel Vâlsan, de 1961 à sa mort, en 1974, beaucoup restent encore inédites. On ne sait quand ni par qui elles seront un jour publiées.

                 Néanmoins, M. Michel Chodkiewicz qui fut un disciple de Michel Vâlsan, et qui avait eu connaissance de ce plan de traductions, orienta ses propres travaux dans la même direction. À sa mesure, il contribua à réaliser ce qui n’avait pu l’être. C’est ainsi, notamment, que fut éditée sous sa direction une anthologie de textes des Futûhât : Les Illuminations de La Mecque (Paris, 1988), et que sa fille, Mme Claude Addas, publia une remarquable biographie d’Ibn ‘Arabî (1989) – ce qui représentait un véritable tour de force –, biographie qui était également prévue dans le programme envisagé. Dans celui-ci étaient aussi inclus des travaux distincts de traductions à effectuer parallèlement aux Futûhât. Par exemple, il était mentionné divers ouvrages en rapport avec la matière du sixième chapitre des Futûhât. L’Entrave du Partant (‘Uqlah al-Mustawfiz) que nous propose aujourd’hui M. Max Giraud en faisait partie. Sa traduction s’inscrit ainsi dans le plan initial de Michel Vâlsan. Nous sommes heureux de la signaler à nos lecteurs, d’autant que ce traité n’avait pas encore été traduit par Michel Vâlsan. Seule Mme Carmela Crescenti, en Italie, en avait donné une traduction sous le titre Il Nodo del Sagace (Milan, 2000). (1)

                Dans ce traité, comme l’écrit notre confrère, « Ibn ‘Arabî nous convie à suivre l’envol de l’Esprit créateur de Dieu surgissant du mystère insondable de l’Unité et descendant jusqu’aux plus bas éléments de la création, en passant par les Trônes de Dieu, le monde des Anges, celui des Djinns et des règnes de la Nature, pour aboutir à la manifestation de l’Homme, synthèse de toutes les réalités précédentes.

               L’initié devra prendre le chemin inverse pour réaliser son retour à Dieu.

C. G.

 

1. En 2009, Mme Crescenti a soutenu une thèse à l’EHESS sous la direction de M. Marc Gaborieau : ‘Ilm al-hurûf la science des lettres : métaphysique de la langue et des lettres selon la doctrine d’Ibn ‘Arabî. Elle est également l’auteur d’un ouvrage sur Cola di Rienzo : simboli e allegorie (Parma, 2003), et sur La ricerca della perfezione nella recitazione coranica: trattato sulla scienza del Tajwîd (Leo S. Olschki, 2005).              

Bruno Paul

 

La Signature du Quaternaire

Logique, sémantique et Tradition


156 pages, Éditions Conscience sociale, 2018.

              Plus personne ne pouvant ignorer que le monde moderne traverse une crise ultime, toute contribution visant à élargir le cadre des possibles est la bienvenue et même, pourrions-nous dire, est nécessaire. Ce livre propose pour la première fois la construction complète, pas à pas, de la logique tétravalente booléenne avec toutes ses tables de vérité et le calcul propositionnel des propriétés et des syllogismes, après en avoir expliqué le fondement métaphysique. Cette nouvelle logique englobe toutes les propriétés de la logique binaire classique. Dans les pas de René Guénon, l’auteur nous entraîne dans l’application du cadre de la logique tétravalente à la sémantique des attributs au cœur de multiples champs du savoir, où nous retrouverons à chaque fois les conceptions de la Tradition. (Quatrième de couverture)

                 

Mot de Passe du Trente-unième degré du Thuileur de l’Écossisme par F. H. S. Delaulnaye (1821)

préface de Jean-Luc Fauque

336 pages, Paris, 2016.

Yves Morant

 

Vouloir et oser 

À la recherche du secret maçonnique


                 Ce livre à fait l’objet d’une première édition en 2005 aux éditions Alphée sous le titre : À la recherche du secret maçonnique, avec pour nom d’auteur Louis-Marie Oresve. Sous la forme plaisante et vivante d’un dialogue, c’est un témoignage sur la spiritualité maçonnique contemporaine. Quoiqu’il soit facile à lire, la variété et le nombre des sujets abordés rendent impossible de le résumer en quelques phrases. Bien entendu, on pourra regretter la présence de certaines références, notamment celles à Julius Evola, C. G. Jung, Gilbert Durand, ou M. Roger Dachez, parfois désigné par certains comme le Lyssenko des études maçonniques, mais comme ils sont mis, bien malgré eux pourrait-on dire, au service du point de vue traditionnel tel que l’a appréhendé l’auteur, il ne convient sans doute pas de s’en formaliser outre mesure. D’autant que cet ouvrage montre comment le point de vue traditionnel en général, compris selon l’enseignement de R. Guénon, qui est abondamment cité, permet de rendre à la Maçonnerie la dimension transcendante qui est la sienne.

           Si on a quelques fois évoqué la possibilité d’une « revivification » spirituelle de la Maçonnerie par l’intermédiaire des influences orientales, personne jusqu’ici n’avait mentionné l’éventualité d’un rôle du Tantrisme. C’est pourtant celui-ci, au Kerala, qui a réorienté l’auteur dans la bonne direction. Cela méritait d’être signalé.

                 On sait que l’enseignement de R. Guénon a toujours été une boisson trop forte pour « l’honnête homme cultivé » du monde moderne, mais si celui-ci existe encore en Occident, et qu’il est curieux de Maçonnerie, il trouvera dans le livre de M. Morant une introduction et des perspectives qui lui permettront de découvrir de nouveaux horizons qu’il ne soupçonnait pas.

M. B.

                 

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