Numéro 17
Janvier, février, mars 2020
édition brochée, 218 illustrations et photographies, couleur, papier couché 120 g, format 19x25, 112 p.
44 €
Revue d'études des doctrines et des méthodes traditionnelles
Cahiers de l’Unité
Nouvelles remarques sur la doctrine des cycles

Éternité , Documenti d’Amore
PLAN
Les cycles du voyage intérieur
Le symbolisme cyclique du nombre 71
Le retour au Zéro métaphysique
L’affleurement de la figure cyclique dans l’Histoire sainte d’Israël
Les cycles du voyage intérieur
À la suite des articles sur la doctrine des cycles cosmiques parus dans le n° 39 des Cahiers, nous voudrions souligner que ces doctrines ne font guère sens au plan des chronologies de la temporalité profane. En effet, les périodes fondamentales (Yugas, Mahâ-Yugas, Manvantaras) en lesquelles se constitue la structure cyclique d’un Kalpa, d’un « Jour de Brahma », ne mesurent pas seulement la chronologie d’une temporalité qui serait commune au monde humain, parmi les divers ordres de possibilités manifestés en ce « Jour » divin. Elles désignent d’abord symboliquement l’enchaînement indéfini des causalités productives des existences, et l’ordonnance hiérarchique des états de l’être où celles-ci se constituent. Nous proposons ici une interprétation de ce symbolisme à partir de certaines données de la doctrine hindoue des cycles cosmiques telle qu’exposée par René Guénon.
Précisons l’horizon de cette herméneutique. Sa signification est d’ordre métaphysique et initiatique. L’intention foncière de la doctrine des cycles cosmiques est en effet de constituer un cadre symbolique efficace pour le voyage intérieur de l’être individuel vers son centre, en traversant la contingence de sa temporalité psychique. Cycles cosmiques, cycles cosmogoniques, cycles de la « réalisation initiatique » (1) : tels sont en effet, en leur analogie, les rythmes du retour de l’être à son centre intérieur, vers la « porte étroite » par laquelle il pourra, au terme de ces « petits mystères », s’engager sur l’axe ascendant et immuable des « grands mystères », vers son universalisation réelle et sa libération ultime. Car seul est véritablement...
Christophe Attali
NOTES
1. Précisons ici notre interprétation de cette catégorie guénonienne. Analogue microcosmique du processus cosmogonique, la réalisation « initiatique » n’est « métaphysique » que pour autant que l’être atteint à la négativité sur-ontologique de la connaissance de soi. En cette négativité transcendante de l’Esprit, le « spirituel », le « mystique » et le « métaphysique » peuvent coïncider. L’existence réelle de l’être s’y égale métaphysiquement à sa possibilité essentielle. Si la « réalisation spirituelle » peut être une « réalisation mystique », elle n’est donc « métaphysique » que par le retournement radical de l’être en la connaissance de la négativité transcendante de sa condition de possibilité. Mais cela ne peut advenir que « d’En-Haut » (Jn 3, 3).
2. ...
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