Numéro 17
Janvier, février, mars 2020
édition brochée, 218 illustrations et photographies, couleur, papier couché 120 g, format 19x25, 112 p.
44 €
Revue d'études des doctrines et des méthodes traditionnelles
Cahiers de l’Unité
Cheminement spirituel
dans la Villa de Pétrarque

PLAN
La Villa d’Arquà
Les fresques de la villa
Les premiers interprètes des fresques : Tomasini et Rossetti
L’interprétation d’Elémire Zolla
Le symbolisme initiatique du cycle des fresques
Les « Six Visions »
Le « Chant des Métamorphoses »
Le symbolisme du laurier
La Mercy

La Villa d’Arquà (1)
À la fin de sa vie, alors que sa santé déclinait et qu’il lui était conseillé de cesser ses habituelles activités extérieures épuisantes, la Villa d’Arquà fut offerte en 1369 au grand poète florentin Francesco Petrarca (François Pétrarque, 1304-1374) par son ami Francesco Vecchio da Carrara. C’est dans cette paisible demeure, à la campagne, après les restaurations indispensables pour l’adapter à ses besoins, qu’il passa les dernières années de sa vie à étudier, à écrire et à achever son Canzoniere [2], entouré de sa famille et honoré par ses amis, tout en continuant à pratiquer jour et nuit de rigoureux exercices ascétiques, ce dont a également témoigné Giannozzo Manetti (3). Comme l’écrivit le poète lui-même : « Voici un lieu conforme à ma nature et si un jour j’en ai l’occasion, je préférerai vivre ici plutôt que dans n’importe quelle grande ville » (Ep. Senil. X, 2).
Dans son Testament, le poète florentin confirme une fois de plus le lien profond qu’il entretenait avec cette villa, édifiée dans les monts Euganéens, et avec la Vierge Marie : « Si je devais finir mes jours à Arquà, où se trouve ma maison de campagne, et si Dieu m’accordait ce que je désire, à savoir la construction d’une chapelle en l’honneur de la Vierge, je préférerais y être enterré. Ou plus bas, près de l’église paroissiale. » Comme on le sait, le recueil hétéroclite de poèmes conservés dans le Canzoniere se divise en deux cycles : le premier célèbre La vie de Madonna Laura et le second La mort de Madonna Laura. L’œuvre apparaît également comme...
Nuccio D'Anna
NOTES
1. En Italie, il existe plusieurs lieux et toute une série de monuments fortement imprégnés d’un symbolisme renvoyant à des fondements ésotériques. Citons simplement le jardin néoplatonicien de Bomarzo, la porte hermétique de Rome, la Villa d’Este, la basilique pythagoricienne de la Porta Maggiore à Rome, le sanctuaire rupestre de l’archange Michel sur la péninsule du Gargano, le Castel del Monte, construit sur un plan octogonal rigoureux par l’empereur Frédéric II, le temple de Malatesta à Rimini, le cycle pictural du Palazzo Schifanoia à Ferrare, la salle des Mystères sur le site archéologique de Pompéi, et bien d’autres. Il convient de rappeler que les fresques de la villa de Pétrarque à Arquà témoignent, entre autres, de la persistance des doctrines des Fedeli d’Amore au sein des milieux vénitiens les plus élitistes, ainsi que dans les cercles artisanaux vénitiens les plus secrets, actifs au moins jusqu’au XVIe siècle.
[2. Le Canzoniere (Chansonnier) ou Rerum vulgarium fragmenta (« Fragments composés en langue vulgaire ») est un recueil de 366 poèmes composés en italien par Pétrarque et consacrés à son amour intemporel : Laure, que Pétrarque avait aperçue le 6 avril 1327, dans l’église Sainte-Claire à Avignon. Cette œuvre eut un grand écho dans les siècles qui suivirent son écriture et sa diffusion européenne. Son style marquera la poésie lyrique des générations suivantes sous la forme d’une esthétique du chant amoureux, le « pétrarquisme ».
Traductions françaises complètes :
– Poésies de Pétrarque. Canzoniere, traduction de Ferdinand L. de Gramont, réédition de 1983 (coll. Poésie, Gallimard, Paris) du texte publié à l’origine sous le titre Poésies de Pétrarque en 1842 (Paris, Charpentier). Il s’agit d’une traduction en prose.
– Pétrarque, Canzoniere, Le Chansonnier, édition bilingue de Pierre Blanc, Classiques Garnier, Paris, 1988 ; traduction en vers.]
3. Les dernières années de la vie de Pétrarque ont été soigneusement étudiées par E. H. Wilkins, Petrarch’s Later Years, Cambridge (Mass.), 1959, pp. 179-272. Voir aussi A. Medin, « Il culto del Petrarca nel Veneto fino all’tempo della dittazione del Bembo », dans Nuovo Archivio Storico, VIII, 2, 1904, pp. 421-465, qui contribue à situer concrètement dans l’histoire vénitienne le rôle des peintres et des confréries d’artisans appelés à décorer la Villa à fresque.
4. ...
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