NOTES

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1. Nous ne pensons pas qu’il soit utile de citer le nom de son auteur. Nous nous situons seulement dans le domaine intellectuel, et n’avons évidemment aucune animosité personnelle contre lui.

 

2. Lettre du 27 août 1950.

               

3. Les blogs diffèrent des revues numériques en ce qu’ils ne comportent aucune supervision par un rédacteur en chef ou un directeur littéraire. Au-delà de son rôle dans le respect de la ligne éditoriale et comme conseiller auprès des auteurs, notamment, celui-ci peut permettre à ces derniers d’objectiver leurs écrits, lorsque c’est nécessaire.

 

4. À l’instar de ceux pour qui ce qui n’est pas vu à la télévision n’existe pas vraiment, le même auteur semblait avoir succombé à un des pièges de l’Internet : celui de croire que ce qui n’y apparaît pas ou ce qu’on n’y voit pas n’existe pas... C’est-à-dire de croire que la représentation numérique, telle qu’on la perçoit, est plus complète que la réalité effective, ou rend exactement compte de celle-ci. Sans doute par une inclination à l’écholalie, puisqu’il n’était pas le premier à le dire, il déclarait que les revues d’esprit traditionnel avaient disparu. Heureusement, il a eu le courage de se corriger depuis ; ce qui n’est pas si fréquent de la part de ceux qui commettent des erreurs. Lui et son précesseur avaient oublié ce que disait autrefois Michel Vâlsan, à savoir que si la ressource intellectuelle que l’Orient a utilisée par Guénon a cessé, car elle était liée à des qualités personnelles providentiellement disposées, la fin de son activité n’est pas une raison suffisante pour conclure à la cessation même de l’appui de l’Orient ; lui-même n’a jamais lié cet appui à sa seule présence. La concordance doctrinale entre l’Orient et l’Occident, et la nécessité d’une revivification des réalités traditionnelles dans l’ordre intellectuel et initiatique, relèvent « d’une idée providentielle dont les organes d’expression et d’application furent multiples et le seront certainement encore jusqu’à ce que la finalité prévue soit atteinte dans la mesure où elle doit l’être. » Ce qui veut aussi dire, si l’on veut, en d’autres termes, que les supports de la grâce divine sont toujours présents...

                   Le même auteur jugeait également qu’il y avait une « baisse générale de la qualité des livres publiés, particulièrement dans le domaine de la spiritualité. » Ce n’était là, on s’en doute, que la conséquence de son humeur inégale ou une impression engendrée par un manque d’informations, ce qui est quelque peu singulier de la part de quelqu’un qui considère que « les nouveaux supports d’expression offerts par le Web [...] sont manifestement mieux adaptés aux derniers conditionnements de notre monde social. » ( ?) En effet, que ce soit dans les domaines de la Maçonnerie, du Judaïsme, du Christianisme, de l’Islam, ou du Bouddhisme tantrique, notamment, la publication de livres de qualité n’a fait que se maintenir, sinon augmenter ces vingt dernières années. Si celui-ci n’avait pas la curieuse idée de considérer La Règle d’Abraham comme un cas à part ( ?) au prétexte de son orientation maçonnique, ce qui semble le dispenser de la lire, alors qu’une partie est cependant gratuitement accessible sur l’Internet, il aurait découvert plusieurs ouvrages d’un intérêt incontestable au point de vue traditionnel : Ibn ‘Arabî, Le Mahdi et ses conseillers, 2006 ; Jean-Jacques Thibon, L’œuvre d’Abû ‘Abd al-Rahmân al-Sulamî et la formation du soufisme, 2009 ; Julie Casteigt, Connaissance et vérité chez Maître Eckhart, 2006 ; Valérie Triplet-Hitoto, Mystères et connaissances cachées à Qumrân, 2011 ; Jean-Luc Périllié, Mystères socratiques et Traditions orales de l’eudémonisme dans les Dialogues de Platon, 2014 ; etc. On pourrait encore mentionner facilement une trentaine de titres supplémentaires, en commençant par la traduction du Livres des Haltes par notre collaborateur M. Max Giraud dont quatre volumes sont déjà parus. Il trouvera un autre exemple dans ce numéro, avec la publication du Vulnéraire du Christ qui est un véritable événement. On voit ainsi que ces impressions « d’épuisement, de déclin ou de médiocrité » dans ce domaine, qui ne reflètent que son propre découragement, ne reposent sur rien de sérieux, et ne peuvent qu’induire ses lecteurs en erreur.

 

5. « Contre la vulgarisation », É.T., octobre-novembre, 1949. C’est nous qui soulignons. Il faisait remarquer que cette lutte contre l’erreur n’est pas une tâche agréable, surtout lorsqu’il faut « répéter à maintes reprises des choses qu’il devrait normalement suffire d’avoir dites une fois pour toutes. »

6. « Le verbe “vulgariser” est entré en usage au cours du XIXe siècle au moment où prolifèrent les livres, magazines, expositions et musées, prétendant mettre la science “à la portée de tous”. » (Cf. Bernadette Bensaude-Vincent, « Splendeur et décadence de la vulgarisation scientifique », Questions de communication, n° 17, 2010),

7. « À propos des “Rose-Croix lyonnais” », Le Voile d’Isis, janvier 1930

8. L’Erreur spirite, Avant-propos.

9. « Il y a déjà longtemps qu’on ne reconnaît plus, en fait, aucune hiérarchie réelle, c’est-à-dire fondée essentiellement sur la nature même des choses ; mais, pour une raison ou pour une autre, que nous n’entendons pas rechercher ici, il a paru opportun (non pas sans doute aux philosophes, car ils ne sont vraisemblablement en cela que les premières dupes) d’instaurer dans la mentalité publique une fausse hiérarchie, basée uniquement sur des appréciations sentimentales, donc entièrement “subjective” (et d’autant plus inoffensive, au point de vue de l’“égalitarisme” moderne, qu’elle se trouve ainsi reléguée dans les nuées de l’“idéal”, autant dire parmi les chimères de l’imagination) ; on pourrait dire, en somme, que les “valeurs” représentent une contrefaçon de hiérarchie à l’usage d’un monde qui a été conduit à la négation de toute vraie hiérarchie. » (« La superstition de la “valeur” », Études Traditionnelles, juin 1940) « La mentalité moderne est donc ainsi faite qu’elle ne peut souffrir aucun secret ni même aucune réserve ; de telles choses, puisqu’elle en ignore les raisons, ne lui apparaissent d’ailleurs que comme des “privilèges” établis au profit de quelques-uns, et elle ne peut non plus souffrir aucune supériorité ; si on voulait entreprendre de lui expliquer que ces soi-disant “privilèges” ont en réalité leur fondement dans la nature même des êtres, ce serait peine perdue, car c’est précisément là ce que nie obstinément son “égalitarisme” ». (Le Règne de la Quantité, ch. XII)

10. Apercus sur l’Initiation, ch. XLIV

11. On remarquera qu’une des méthodes fondamentales de la réalisation spirituelle dans l’ensemble des voies initiatiques vivantes aujourd’hui est l’incantation, c’est-à-dire la répétition de formules sacrées, de noms divins ou de mantras. En dehors d’une capacité de concentration, et d’une formation doctrinale très générale, cette méthode n’exige pas de qualifications cognitives particulières ni de vastes connaissances, dès lors qu’elle est placée sous l’autorité d’un maître et dans un cadre traditionnel. De fait, en Orient, que ce soit dans le Soufisme ou le Tantrisme notamment, la majorité de leurs membres ne sont pas des intellectuels. Guénon a d’ailleurs fait remarquer qu’« un homme peut fort bien ne savoir ni lire ni écrire et atteindre néanmoins aux plus hauts degrés de l’initiation, et de tels cas ne sont pas extrêmement rares en Orient, tandis qu’il est des “savants” et même des “génies », suivant la façon de voir du monde profane, qui ne sont “initiables” à aucun degré. » (Aperçus sur l’Initiation, ch. IV) Il faudrait une autre occasion pour traiter ce point ; on trouvera quelques éléments de réflexion dans le n° 154 des Archives de sciences sociales des religions, avril-juin, 2011.

 

12. L’Erreur spirite, Avant-propos.

13. « Au fond, le reproche dont il s’agit [celui d’orgueil] peut paraître inspiré surtout par la manie égalitaire des modernes, qui ne veut souffrir quoi que ce soit qui dépasse le niveau “moyen” ; mais ce qui est plus étonnant, c’est de voir des gens qui se recommandent d’une tradition, fût-ce seulement au point de vue exotérique, partager de semblables préjugés, qui sont l’indice d’une mentalité nettement antitraditionnelle. Cela prouve assurément qu’ils sont gravement affectés par l’esprit moderne, bien que probablement ils ne s’en rendent pas compte eux-mêmes ; et il y a là encore une de ces contradictions si fréquentes à notre époque, qu’on est bien obligé de constater tout en s’étonnant qu’elles puissent passer généralement inaperçues. » (« Sur le prétendu “orgueil intellectuel“ », É. T., décembre 1948)

14. On se demande combien de fois il faudra répéter ce que disait Guénon dans son Avant-propos de L’Erreur spirite pour qu’il soit enfin entendu : « En présence des événements actuels, nous sommes persuadé qu’on ne fera jamais trop pour s’opposer à certaines activités malfaisantes, et que tout effort accompli dans ce sens, pourvu qu’il soit bien dirigé, aura son utilité, étant peut-être mieux adapté qu’un autre pour porter sur tel ou tel point déterminé ; et, pour parler un langage que quelques-uns comprendront, nous dirons encore qu’il n’y aura jamais trop de lumière répandue pour dissiper toutes les émanations du “Satellite sombre” ». (Cf notre Éditorial dans le n° 6 des Cahiers de l’Unité, avril-mai-juin, juillet, 2017)