The goddess within and beyond the tre cities

NOTES

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1. Cf. S. Ibranoff, « M. Renaud Fabbri ou les limites d’une compréhension », Cahiers de l’Unité, n° 15, 2019.

 

2. Les maoïstes, la corruption, les ONG, le tourisme de masse avec ses trekkers, les missionnaires protestants américains, le développement des moyens électroniques de communication, les pressions économiques occidentales jouent un rôle important dans l’affaiblissement de la tradition au Népal (Cf. Marie Lecomte-Tilouine, « Terror in a Maoist Model Village, mid-western Nepal », Dialectical Anthropology, n° 33, 2006)

3. Les écrits de Michel Foucault, Louis Althusser, Gilles Deleuze, Félix Guattari, Jacques Lacan, Jean-François Lyotard, ou Jacques Derrida ne sont pas un moyen de permettre une meilleure compréhension de la société aux fins d’une transformation de celle-ci, compréhension qui implique le concours des sciences sociales et humaines, mais un obscurcissement de toute compréhension véritable. 

          Ainsi que le fait remarquer M. J-L. Feys : « Foucault n’admet  aucune transcendance fondatrice ; il n’existe pas pour lui de vérités générales, transhistoriques, car les faits humains, actes ou paroles, ne proviennent pas d’une nature, d’une raison qui serait leur origine. L’individu n’a accès à la vérité adéquate qu’à travers l’idée qu’il s’en fait et l’époque dans laquelle il se trouve. Il est impossible de séparer les choses du “discours” dans lequel elles sont “ensablées”, pour reprendre l’expression de Foucault. » (Jean-Louis Feys, « Les fondements constructivistes de l’antipsychiatrie », L'information psychiatrique, vol. 93, n° 6, 2017)

         

4. René Guénon précisait à ce propos : « Je pense qu’il y aurait bien des distinctions à faire dans ce qu’on appelle “folie”, mais, en tout cas, il s’agit toujours d’un déséquilibre et d’un défaut de cohésion entre les divers éléments constitutifs de l’individualité ; ce n’est pas l’être intérieur qui est atteint, se sont ses moyens de manifestation qui sont altérés plus ou moins gravement. » (Lettre du 15 juillet 1933) Selon une structure comportementale classique chez les profanes et les déséquilibrés, Marc Bosche (1959-2008) avait décidé de se venger d’un certain Bouddhisme tibétain après une expérience malheureuse où sa vanité fut mise en échec. Quelqu’un qui l’a connu disait de lui qu’il était « doué d’une excellente mémoire et d’un sens de l’analyse hors du commun », mais aussi que « cet homme était fou, incroyablement intelligent, mais fou et paranoïaque ». C’était bien là le véritable fond de l’affaire. On peut sans doute dire la même chose avec le cas de M. Philippe Bergeron et de son livre sous-documenté et sans intérêt contre René Guénon (2019). 

5. « Cinquante ans après son apparition, le discours antipsychiatrique reste très présent dans le champ de la santé mentale. Il continue à séduire soignants et responsables politiques. Depuis les années soixante, l’opposition créée entre psychiatrie hospitalière et santé mentale communautaire s’alimente de ces positions antipsychiatriques. La psychiatrie serait synonyme de l’asile, de la ségrégation des patients atteints de “maladies mentales”, de l’ancien “paternalisme médical”, du non-respect du droit des patients tandis que la santé mentale communautaire nourrie d’idéal antipsychiatrique irait de pair avec une volonté d’autonomie du patient et de réinsertion socio-professionnelle. » En réalité, contrairement à ce que prétend le discours irresponsable et dévastateur de l’antipsychiatrie, l’asile d’aliénés n’est pas né d’une volonté d’exclure, mais bien de celle de prodiguer des soins aux aliénés et de permettre leur resocialisation. » (Jean-Louis Feys, art. cit.)

6.  Aperçus sur l’Initiation, ch. XIV.

7. Guénon a fait remarquer que « les empêchements à l’initiation, dans la Maçonnerie, coïncident presque entièrement avec ce que sont, dans l’Église catholique, les empêchements à l’ordination. Il en est ainsi, en particulier, ajoutait-il en note, pour ce qu’on appelait au XVIIIe siècle la “règle de la lettre B”, c’est-à-dire pour les empêchements qui sont constitués, de part et d’autre également, par une série d’infirmités et de défauts corporels dont les noms en français, par une coïncidence assez curieuse, commencent tous par cette même lettre B. » [Bègue, borgne, bigle (qui louche), boiteux, bossu, etc.] (Ibid.)

8. Cf. « The Kulamârga, a.k.a. Kaulism », Christopher Daren Wallis, To Enter, to be entered, to merge: The Role of Religious Experience in the Traditions of Tantric Shaivism, Berkeley, 2014. Signalons au passage que la doctrine et la méthode sont inséparables. D’un point de vue tantrique, on peut dire que la doctrine correspond à Shiva, et la méthode à Shakti.

9. Cf. Vidya Dehejia, Yogini Cult and Temples: A Tantric tradition, New Delhi, 1986 ; David Gordon White, Kiss of the Yoginî, Chicago, 2003 ; June McDaniel, Offering Flowers, Feeding Skulls, ch. 2, Oxford, 2004 ; Shaman Hatley, The Brahmayâmalatantra and Early Śaiva Cult of Yoginîs, University of Pennsylvania, 2007 ; Judit Törzsök, « Le shivaïsme et le culte des yoginîs dans l’Inde classique. I », Annuaire de l’École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses, t. 116, 2009 ; « Yogini » in South Asia: interdisciplinary Approaches, edited by Istvan Keul, Routledge, 2013.

10. Il est à noter que la bénédiction des Soixante-quatre Yoginîs est attachée au cordon sacré (seli ou janeu) des Nâths. La voie Nâth, qui se subdivise en plusieurs branches, est tantrique par son fondateur Matsyendranâth, mais elle a connu une réadaptation avec Shrî Gorakhnâth où le yoga se substitua aux doctrines et aux méthodes Kaula. Cette réadaptation tend à donner à la voie Nâth la forme d’une voie de hatha-yoga, plus ou moins réservée aux célibataires renonçants à partir du degré impliquant le percement des oreilles (kanphata) et le port des anneaux. C’est surtout le cas en Inde, mais moins au Népal où l’on observe la présence de pûjârî-s kânphatâ-s qui sont « maîtres de maison » (mariés et pères de famille). Quoique les méthodes initiatiques nâth-s soient maintenant éloignées des méthodes kaula-s – à l’exception du japa (« incantation ») qui est une méthode initiatique universelle –, les femmes sont facilement acceptées dans la voie Nâth au Népal, contrairement à l’Inde où cette voie a connu plus fortement l’influence des ordres sannyâsî-s. (Cf. notre présentation du Chant du Délivré, Éditions de l’Unité, 2018. Voir aussi, Véronique Bouillier, Itinérance et vie monastique. Les ascètes Nâth Yogîs en Inde contemporaine, Paris, 2008 ; « Kânphatâs », Brill Online, 2013 ; « A Survey of Current Research on India’s Nâth Yogîs », Religion Compass, 2013 ; Colette Poggi, Goraksa, Yogin et alchimiste, Paris, 2018 ; L’alchimie du yoga selon Goraksa : « Le recueil des paroles de Goraksa » (XIIe siècle), Paris, 2019) Selon Târanâtha (1575-1634), la septième lignée d’instruction du Bouddhisme tantrique provient des Mahâsiddha-s indiens parmi lequelles figurent celles de Matsyendranâth : « Les douze voies des yogis enseignent que Mînapa (Matsyendra) suivait Maheshvara (Shiva). Gorakhnâth reçut de lui les instructions sur les souffles initiatiques (prâna) par lesquelles la gnose de la Mahâmudrâ naquit naturellement en lui. » (Jonang Târanâtha, The Seven Instruction Lineages, trad. et éd. David Templeman, Dharamsala, 1983 ; Padma Karpo, The Bodyless Dakini Dharma, the Dakini Hearing Lineage of the Kagyus, trad. Tony Duff, Kathmandu, 2005)

 

11. Les âgama-s désignent les écritures révélées dans l’Hindouisme, principalement celles qui concernent les méthodes rituelles. Le terme peut être utilisé à la fois dans un contexte védique ou tantrique. Ce qui explique quelques confusions. Les traditions shivaïtes et shâkta-s des âgama-s sont principalement basées sur un dialogue entre Shiva et Shakti, chacun jouant un rôle de maître et de disciple. Ainsi, lorsque Shiva révèle la connaissance à la Shakti, cela s’appelle âgama-s, mais lorsque la Shakti révèle la connaissance à Shiva, la révélation est désignée comme nigama. Les termes âgama et tantra sont maintenant utilisés de manière interchangeable.

12. Cf. Cahiers de l’Unité, n° 5, n. 18, 2017.

 

13. ...

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Représentation de Matsyendranâth

à Mrigasthali, Pashupatinâth, Népal

 
 
 
 
 
 
 

Cordon sacré des Nâths. Il se compose du janeu – le cordon de laine tressé –,  pavitri – l’anneau, ici une pièce trouée –, de trois éléments dont un rudrâksha et une perle de cristal ou de verre, qui correspondent à la Trimûrti (Brahma, Vishnu et Shiva), et du nâdî, dont le sifflement reproduit celui du serpent de la Kundalinî. Le cordon se rapporte au symbolisme du sutrâtmâ, et l’anneau à celui de la Devî.

Somnâth Yogî

de Darjeeling  © MB

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