POSTFACE À : «AVONS-NOUS UNE CULTURE INTERNATIONALE ? »

Postface à : « Avons-nous une culture internationale ? »

Les Ambassadeurs français

Hans Holbein le Jeune, 1533

 

PLAN

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le Pain quotidien (1931)

Rédigé en 1929-1930 

(Cf. Jérôme Meizoz, L'Âge du roman parlant 1919-1939, Genève, 2001)

Henry Poulaille, écrivain libertaire

Les sources anti-compagnonniques d’Henry Poulaille

L’idée de culture internationale

L’idée d’une enquête concernant la culture internationale

Le questionnaire : « Avons-nous une Culture internationale ? »

La réponse de René Guénon a-t-elle été initialement publiée dans Créer ?

Henry Poulaille sollicite deux auteurs traditionnels

La notion de “culture” chez René Guénon

 

             Le texte de René Guénon concernant la « Culture internationale » a été publié dans Images de Paris, « Revue libre de littérature et d’art », n° 67, mai-juillet 1926. (1) Cet écrit, comme : « Pour un Humanisme nouveau », qui a été édité dans le premier numéro des Cahiers de l’Unité, est aussi une réponse à une enquête ; ni l’un ni l’autre n’ont été réédités depuis quatre-vingt-dix ans, ni jamais été répertoriés dans les bibliographies publiées de Guénon. (2) S’il a pu sembler singulier à certains de constater que le document précédent avait paru dans une revue protestante, on pourrait s’étonner plus encore de remarquer que Guénon accepta d’apporter sa contribution à une enquête conçue par un écrivain libertaire. 

 

Henry Poulaille, écrivain libertaire

               C’est l’un des représentants de la littérature prolétarienne française (3) ; dans son cas, cette littérature est considérée d’ailleurs comme étant libertaire, ce que l’on comprend aisément à la lecture de ses romans et de ses nombreux articles, auxquels nous renvoyons les lecteurs intéressés, ainsi qu’à celle de certaines monographies ou thèses qui ont été écrites sur cet écrivain et sur ces courants littéraires. On a remarqué que s’il ne fut pas un militant anarchiste, (4) il l’a été par son « refus de tout dogmatisme, de tout nationalisme, militarisme, cléricalisme » ; jamais il « ne succomba aux sirènes marxistes ». Son originalité a consisté à « prôner une expression populaire qui ne tombe pas dans la littérature de propagande politique ». (5)

                 Nous ne retiendrons ici qu’un passage de l’un de ses romans qui illustre ce qui vient d’être affirmé, et qui, par-delà le témoignage rapporté, et le style utilisé, montre dans quelle estime Poulaille tenait la religion et l’une des organisations initiatiques traditionnelles occidentales : le Compagnonnage. Dans Le pain quotidien, (6) deux frères, Alexandre et Henri Magneux, qui ne se parlent plus depuis quatre ans, ont été reçus dans leur jeunesse Compagnons charpentiers.        

           « Alexandre, un vieux de la vieille, il avait six ans de plus qu’Henri, avait conservé des attaches avec les usages compagnonniques, tandis qu’Henri avait tout envoyé promener à peine avait-il été promu “compagnon”. Tous deux, connus sur la place, étaient opposés l’un à l’autre. Chez les “Enfants de Soubise”, où Alexandre était “quelque chose, je ne sais pas quoi”, disait Henri avec mépris, celui-ci était jugé comme un renégat, un faux-frère, et parfois il avait dû quitter un chantier où “les Enfants de Soubise” étaient en nombre. Au syndicat, on connaissait Henri l’indépendant, et c’était tout juste si le frère, malgré d’admirables qualités professionnelles, n’était pas considéré comme un vulgaire Jean-foutre. L’Union syndicale, encore que groupant peu de membres, avait eu, parmi ses premières tâches, à lutter contre le racolage des compagnons, et ceux qui, pour telle ou telle secte, celle des Enfants de Soubise ou celle des Enfants de Salomon, étaient repérés, contrebattus et chassés des chantiers, chaque fois qu’il était possible. Tout le différend était venu de ce que chacun avait sa manière de voir l’honneur de la corporation. Alexandre voyait en son association la sauvegarde de l’esprit d’équipe, l’obligation à la solidarité. Il refusait d’ailleurs qu’il en fût de même dans le clan adverse où la même chose était affirmée :

‒ Où étaient l’esprit d’équipe et la solidarité dans cette jalousie de deux sociétés similaires ? À se chicaner entre eux, ils font tout juste le jeu des patrons ! disait Henri.

   Cela était exact, car rares étaient les patrons qui s’opposaient au départ d’un compagnon de la secte concurrente, si la majorité demandait le renvoi. À plus forte raison, un indépendant. Henri l’avait vu plus d’une fois, dans ses débuts à Paris.

   C’était à l’issue d’une discussion causée par une de ces retraites forcées, que les deux frères s’étaient brouillés. Alexandre donnait raison aux Compagnons :

‒ Moi, dans le cas où j’aurais été du chantier, j’aurais fait comme eux.

‒ Vous appelez ça de la solidarité ?

‒ Les siens d’abord… !

‒ Mais moi, étant ton frère…

‒ Quand tu passes compagnon, avait riposté l’aîné, on te demande de renoncer à ta famille.

‒ Ah ! oui ! Pour ces conneries-là, tu as de la mémoire !

‒ Tu es passé par là aussi.

‒ J’étais assez furieux ! Quoi, au vingtième siècle, il y a encore des imbéciles pour se laisser farcir le crâne avec des histoires comme celle de votre Père Soubise, qui était de l’époque du Temple de Jérusalem ! On vous aurait dit que votre Soubise s’appelait le père Diogène, que vous l’auriez gobé aussi bien ! Moi, dans ces trucs-là, je ne marche pas. T’as connu le Temple de Jérusalem, toi ? Ah ! et Henri avait éclaté de rire. Tiens, je pense que c’est peut-être un mélange de l’histoire de Diogène et d’celle de ce couillon de Soubise qui cherchait son armée avec sa lanterne.

‒ Tu es trop bête, avait grogné Alexandre. Je ne voudrais pas travailler avec toi !

‒ Moi non plus.

   Cela allait déjà assez mal. Hortense [l’épouse d’Henri], que ces chamailleries n’amusaient pas, essayant de s’interposer avait tout gâté, car Henri, en veine de plaisanterie, avait laissé tomber ces quelques mots :

‒ Tiens, voilà Hortense qui vient faire le jugement de Salomon !

   C’était, pour un adepte du Père Soubise, une grossière injure que de le vouloir faire juger par le chef rival.

‒ Je ne mettrai plus les pieds ici, puisque tu ne songes qu’à m’insulter.

‒ Mais, fous le camp ! avait déclaré Henri, en haussant les épaules. Et si tu attends que je t’appelle pour revenir ! » 

            Un peu plus loin, Henri trouve de nouveaux prétextes pour railler le Compagnonnage et son rituel de rattachement, puis la religion : pour lui, « Compagnon du Devoir, Compagnon de la Marjolaine, c’est des histoires de l’ancien temps ». Grâce aux syndicats, dit-il à sa sœur, « nous sommes devenus plus forts. Tout enfant de Salomon ou de Soubise, qu’ils soient les compères d’Alexandre et lui-même, ils sont obligés de compter avec nous ! Et ils le seront de plus en plus. Mais tu ne comprends rien à tout ça. Le père était Compagnon du Devoir aussi, mais il ne t’a pas renseignée là-dessus ! Lui qui blaguait les femmes avec leur bondieuserie. Leurs trucs, c’est aussi bête qu’à confesse ! C’est pas peu dire ! Elle regarda son frère.

‒ Tu voudrais savoir ? Hein, tu n’es pas curieuse, mais tu voudrais bien savoir ? reprit-il.

‒ Oui, dit-elle en riant.

‒ Je ne sais si je me rappellerai de tout le mic-mac qu’il faut faire pour être Compagnon. Ni si je ne mélangerai pas, car les souvenirs de ce genre, moi, je ne les cultive pas. Il y a le Baptême. T’es dans une cave, à poil avec un bandeau sur les yeux comme pour jouer à colin-maillard, et il y a une bande d’andouilles devant toi. On te fait jurer devant Dieu, comme à confesse quoi ! que tu ne diras rien des secrets qu’on te confiera, et on te baptise à coups de seaux d’eau, comme une devanture de boutique. En bref, tu fais le mannequin, et les mômeries qu’on fait valent les autres. Et tu payes pour ça !

   Il y a des idiots de deux sortes, chacun a son ancêtre, un vrai ! Un vieux du temps de Mathusalem, ou des Pharaons, ça n’a pas d’importance ; tous les secrets, ça doit être les mêmes pour les deux bigoteries, c’est-à-dire qu’il n’y a pas plus de secrets que d’beurre au cul. À part celui du baptême et des autres absurdités. Mais il n’y a pas de risque que tu t’en vantes, tu comprends !

   Tu te fais noyer, tu fais l’andouille, en l’honneur de saint Joseph, de saint Pierre et de la saint Glinlin, et tu payes un prix exorbitant pour tout ça ! Alors ! C’est comme à la fête, l’imbécile qui va voir le veau à deux têtes que l’on entend grogner de la rue. Quand il est entré, et qu’il voit deux types qui tirent une corde dans un tonneau, hein, il n’a pas l’idée en sortant, de se faire gloire qu’on l’a refait d’un rond et qu’on s’est foutu de lui !

   Le pire dans les Religions, c’est les bigots. Tout ce qu’on peut leur faire faire est dans l’Évangile, et Alexandre, non content de croire à cette histoire du Père Soubise, s’amusait à lui racoler des enfants nouveaux ! Quand on me parlait de lui, je n’avais pas à être fier. Calotin pour calotin, j’aime mieux les vrais. Ceux-là au moins sont déguisés. Alors je sais à quoi m’en tenir. Mais ces gars de la charpente qui, sous prétexte d’honneur du métier, embringuent des jeunôts pour leur Bon Dieu ! Non, ça ne rime plus à rien ces simagrées.

   [Henri] riait d’avoir évoqué ces images qui, à travers l’écoulée des ans, conservaient tout le grotesque qu’il avait vu tout de suite et dont il avait eu honte ».

                  Pouvions-nous nous attendre à autre chose sous la plume d’un écrivain libertaire, dans un livre qualifié par lui de « documentaire prolétarien » ? Sa façon de traiter en dérision le Compagnonnage appelle toutefois quelques remarques. 

 

Les sources anti-compagnonniques d’Henry Poulaille

              Dans l’extrait qui vient d’être cité du Pain quotidien, malgré une forme caricaturale, Poulaille montre qu’il possédait une certaine connaissance du Compagnonnage des « Enfants de Soubise », en particulier pour ce qui touche à la réception, c’est-à-dire à l’initiation dans le lexique du Compagnonnage. On peut se demander d’où l’auteur tenait ses connaissances. On sait que son père, anarchiste lui aussi, fut Compagnon, d’abord dans les constructions navales à Nantes, puis charpentier à Paris. Mais il est mort alors que Poulaille n’avait que 14 ans. Si on ne peut exclure qu’il ait eu l’occasion de parler à son fils de sa conception du Compagnonnage, voire de sa propre réception, il paraît cependant assez peu probable qu’il fût son seul informateur.

                   Dans son compte rendu de la réédition des Damnés de la terre (1935), le second volume de la trilogie de Poulaille, (7) M. Laurent Bastard est revenu sur Le pain quotidien en signalant que l’on « on y découvre que Magneux est un ancien Compagnon charpentier Soubise, qui a rapidement rompu avec sa société pour militer dans les rangs des anarcho-syndicalistes (ceux-là mêmes qui publieront sous l’égide de l’Union des charpentiers de la Seine et de la CGT les fameuses brochures Comment on devient compagnon du Devoir (1907) et  Le Compagnonnage, son histoire, ses mystères, signé Jean Connay (1909). (8) Le frère de Magneux, lui, est demeuré fidèle au Devoir. […] Poulaille a très bien décrit les deux courants qui divisaient les ouvriers charpentiers parisiens au début du XXe siècle ». (9) Dès 1995, Mme Cynthia Mary Truant avait déjà établi un lien entre le livre de Connay et l’évocation du Compagnonnage chez Poulaille. (10)

                 Cependant, ni elle ni M. Bastard ne parlent d’emprunt à ce pamphlet. Or, il semble bien qu’en réalité les pseudo-divulgations de Jean Connay (11) soient la source principale du roman de Poulaille sur ce point. Outre que Le Compagnonnage et le passage cité du Pain quotidien sont une charge contre les « Enfants de Soubise », et plus particulièrement contre les charpentiers, on remarque bien des similitudes dans les idées et le vocabulaire utilisés de part et d’autre. Nous ne retiendrons que trois exemples.

           Connay et Poulaille s’accordent pour affirmer que grâce à la « Confédération Générale du Travail [C. G. T.] et les Unions de Syndicats », lorsque « tous les ouvriers appartenant à la même profession seront réunis, ils seront vraiment forts » (Connay, p. 194) ; « grâce aux syndicats… nous sommes devenus plus forts » (Poulaille). Ils ironisent sur l’histoire du Compagnonnage, dans laquelle « il n’existe que des hypothèses », les Compagnons possédant « une bonne et forte dose de crédulité superstitieuse » (Connay, p. 36) « pour se laisser farcir le crâne avec des histoires comme celle de votre Père Soubise, qui était de l’époque du Temple de Jérusalem » (Poulaille). « L’an dernier, nous avions publié une partie des rites des Compagnons du Devoir ; un ancien Compagnon, venu à des idées plus modernes, nous a blâmés, parce que sa femme ayant lu l’ouvrage, il eut honte devant elle d’avoir participé à ces choses » (Connay, p. 111) ; or, c’est précisément après avoir parlé à son épouse qu’Henri se mit à rire « d’avoir évoqué ces images qui, à travers l’écoulée des ans, conservaient tout le grotesque qu’il avait vu tout de suite et dont il avait eu honte » (Poulaille).

             Si l’on considère maintenant la question du « baptême », sa brève narration chez Poulaille s’appuie en fait sur plusieurs témoignages de réceptions reproduits dans le livre de Connay : « celle faite à la Cayenne de Paris », écrite « par un déserteur du Compagnonnage » (pp. 115 sqq.), et surtout sur deux récits complets constituant les ch. VIII : « Les manuscrits. La réception d’un Compagnon de Liberté », et IX : « Les mystères des Compagnons du Devoir ». Ce dernier chapitre avait été déjà publié en 1891, avec quelques variantes, par Pierre du Maroussem dans La question ouvrière. (12) Le préfacier de cet ouvrage écrivait que « la narration que le Compagnon relaps fait du traitement qu’on lui a fait subir durant les deux premières initiations, celle de la St Joseph et celle de la St Pierre, est à la fois cruelle et immonde, à un degré tel que M. du Maroussem s’est vu dans l’impossibilité de la reproduire entièrement » (p. 27). Ce manuscrit s’achevait ainsi : « dites tous : “À bas le Compagnonnage !” » Dans le livre de Connay, l’auteur invitait finalement les lecteurs à faire leur « possible pour anéantir les sociétés et faire connaître [son] manuscrit dans toutes les villes du Tour de France où il y a des cayennes, soit par des copies que vous feriez ou des imprimés que vous feriez faire, si cela vous est possible, ou par des écrivains comme Léo Taxil, qui a écrit la dénigration de la Franc-Maçonnerie » (p. 183). Ainsi, aux « diableries » antimaçonniques de Taxil firent écho, à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, celles anti-compagnonniques contenues notamment dans le livre de Connay.

                  Malgré ses divisions et les rivalités entre les membres de ses branches, le Compagnonnage, ainsi que la Franc-Maçonnerie, étaient à cette époque ‒ et elles le sont restées ‒ les seules organisations initiatiques occidentales pouvant « revendiquer une origine traditionnelle authentique et une transmission initiatique réelle », comme l’affirme René Guénon en 1932, (13) qui fut lui-même Compagnon imprimeur. (14) Le 25 janvier 1934, il remarquait toutefois que le Compagnonnage était dans un état pire que celui de la Maçonnerie. Le 12 février 1935, il indiquait : « Depuis que les vrais Rose-Croix se sont retirés de l’Occident, il semble bien qu’il n’y existe plus aucun centre initiatique réellement vivant. Il y a encore des vestiges, je veux dire quelque chose qui représente bien des organisations initiatiques, mais en fort mauvais état : la Maçonnerie et le Compagnonnage » (c’est nous qui soulignons). Le 26 septembre 1946, il disait aussi qu’on ne pouvait plus y trouver d’appui pour une réalisation effective : « La Maçonnerie et le Compagnonnage peuvent toujours transmettre une initiation virtuelle, mais, dans l’état actuel des choses, il ne faut pas compter y trouver le moindre appui pour aller plus loin, car on n’y soupçonne même pas ce que peut être une réalisation quelconque. »

             Les raisons de la dégénérescence du Compagnonnage, comme organisation initiatique, furent multiples. Ce n’est pas ici le lieu de les étudier, si tant est que ce soit possible, mais l’une d’entre elles mérite d’être relevée parce qu’elle est en relation avec le livre de Poulaille précité. C’est celle qui se rapporte aux attaques dont il fut la cible. En effet, sous couvert de luttes sociales, mais en réalité pour des enjeux de pouvoir, des hommes et des organisations entreprirent inlassablement, surtout depuis la Révolution, d’essayer de le détruire. Mme Truant a d’ailleurs signalé que selon l’archiviste Henri Lemoine, le Compagnonnage, chez les chamoiseurs, fut « violemment attaqué par le syndicalisme au début du XXe siècle et a presque disparu ». (15) Elle indique que la Confédération Générale du Travail (C. G. T.), fondée en 1895 seulement, était déjà le syndicat le plus important de France, et « pensait qu’il était crucial de saper toute attirance subsistante pour le Compagnonnage en France » (p. 299). La C. G. T. accusait ainsi les rites secrets du Compagnonnage des Blanchers-Chamoiseurs de comporter une série d’épreuves « aussi grossières que brutales ». Un inspecteur du travail qui le vérifia mentionnait pourtant que ces Compagnons étaient d’une « d’une discrétion absolue » sur leurs rites, mais il en déduisait que c’est sans doute parce qu’ils devaient cacher des choses peu convenables. Dix ans après le livre de Connay, la Direction du Travail avait également entrepris une enquête pour vérifier si les Compagnons charpentiers devaient subir des pratiques comme celles relatées dans cet ouvrage. Les Compagnons démentirent catégoriquement. (16)

             On le voit, si le Compagnonnage avait dégénéré, comme le signale Guénon, il avait aussi subi des attaques anti-traditionnelles, voire contre-initiatiques. On rappellera que, dans une lettre à Luc Benoist, à propos des partis politiques, Guénon indiqua que « si l’adhésion est en soi une chose indifférente à notre point de vue, il n’en est pas moins vrai que, dans les circonstances actuelles, il s’exerce dans tous les partis des influences qui peuvent être dangereuses, car elles touchent plus ou moins à la “contre-initiation”, qui insinue ses agents partout où elle le peut ». (17) Les syndicats étant eux-mêmes étroitement liés à certains partis politiques, on peut penser qu’il en est de même pour eux. À ce titre, malheureusement, Poulaille, en se faisant l’écho du pamphlet de Connay (= Bricheteau), a soutenu le point de vue anti-traditionnel. C’est un exemple particulier de participation à cette action destructrice plus générale entreprise contre le Compagnonnage. Quant au Pain quotidien, il connut un grand succès et fut sélectionné pour le prix Goncourt en 1932.

 

L'idée de culture internationale

 

            Le 1er janvier 1925... 

G. M.

 

Cet article n'est plus en libre accès.

Il est contenu dans l'édition imprimée du numéro 2

et du Recueil annuel 2016 des Cahiers de l'Unité

Henry Poulaille en 1925

(1896-1980)

Le Père Soubise

par Agricol Perdiguier dit Avignonnais la Vertu, Compagnon menuisier du Devoir de Liberté, 1865.

(Cf. L. Bastard, « L’image, miroir du Compagnonnage au XIXe siècle », Images Du travail, travail des images,

n° 1, 2015)

À la Saint Joseph, les « Enfants de Soubise », allaient présenter leur chef-d’œuvre au Conservatoire des Arts et Métiers puis à l’hôtel de ville de Paris. 

(Le Petit Parisien)

La réception compagnonnique

d’après L’Illustration (1845)

Saint Joseph christophore et Jacques-Joseph Fourny

Compagnon Menuisier du Devoir (1850)

Par l’imagier Charles-Frédéric Brun (1815-1871)

Compagnon Charpentier du Devoir 

(fin du XIXe siècle)

La Perle philosophique (1496)  

par Gregor Reisch 

 

Pour citer cet article :

G. M., « Postface à : "Avons-nous une culture internationale ? " », Cahiers de l’Unité, n° 2, avril-mai-juin, 2016 (en ligne).

 

© Cahiers de l’Unité, 2016  

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