LES SIGNES DE L’HEURE

Les signes de l’Heure
Seconde partie

Dans la tradition islamique, comme dans la tradition hébraïque (Ézéchiel, 44, 1-3), le Messie entrera à Jérusalem par la Porte d’Or (ou Porte Dorée), également appelée Porte de la Miséricorde et Porte de la Vie éternelle. Considérée comme la plus ancienne porte de la ville, elle est située en face du Mont des Oliviers, et c’est la seule qui permette d’accéder directement au Mont du Temple. Elle aurait été établie par Salomon lui-même. Au VIIe siècle, l’empereur d’Orient, Héraclius, passa par cette porte pour faire entrer dans Jérusalem la sainte Croix prise aux Perses. Elle aurait été murée par Saladin (Salâh ad-Dîn) lorsqu’il reprit Jérusalem en 1187, non pas pour empêcher l’entrée du Messie, contrairement à l’opinion des ignorants, puisque l’Islam attend le Messie autant que les Juifs et les Chrétiens, mais afin d’en préserver la sainteté et empêcher la proclamation de faux messies. Il va de soi qu’elle sera réouverte par le Christ du Second Avènement. L’empereur ottoman, Soliman le Magnifique (Sulayman) l’ouvrit pour la faire reconstruire, puis la referma également en 1541. © DR  

porte d'or jérusalem

Al-Jîlî – L’Homme universel (Al-Insân al-Kâmil) 
Chapitre 61
Des signes de l’Heure

 

PLAN

L’Heure majeure et l’Heure mineure

L’engendrement de la maîtresse par la servante, et la construction des édifices élevés par les bergers

L’apparition de Gog et Magog

La sortie de la Bête de la Terre

La sortie de l’Antéchrist

L’avènement du Mahdî

Le lever du soleil à l’Occident

Complément concernant les états posthumes de l’être

 

 
 

       Dans la première partie introductive de cet article, nous avons proposé une présentation générale de la science de l’Heure et de ses signes principaux, en indiquant qu’il ne s’agissait que d’un aperçu d’une connaissance très vaste, tant dans le domaine exotérique qu’ésotérique. Nous avons résumé l’essentiel de ces données islamiques en les faisant correspondre autant que possible avec l’enseignement de René Guénon sur les « signes des temps », mais il est évident que la très riche et grandiose épopée eschatologique, qui concerne l’humanité tout entière, comporte de nombreux autres aspects qui ne peuvent être envisagés dans le cadre de cet article. Une étude plus complète serait nécessaire pour développer des points de vue complémentaires tout aussi intéressants, que ce soit d’ailleurs à partir des données de la tradition islamique, mais aussi des autres formes traditionnelles, qui, au-delà de certaines de leurs différences formelles, concordent toutes dans l’expression fondamentale de ces vérités universelles.     

          Nous proposons dans cette seconde partie la traduction annotée du texte de Jîlî consacré à une interprétation initiatique de certains de ces signes, dont nous avons également rappelé le caractère non exhaustif. 

          Les intertitres ne font pas partie du texte arabe original. 

 

L’Heure majeure et l’Heure mineure

         Sache que le monde d’ici-bas, dans lequel nous nous trouvons actuellement, a une limite vers laquelle il tend, car il est contingent et transitoire. Or, la condition propre au transitoire implique nécessairement une fin, et ce statut se manifestera inévitablement. La fin de ce monde et son anéantissement sont régis par le Pouvoir souverain de la Réalité divine, et sa mort se produira lorsqu’il se manifestera intégralement au travers des enveloppes formelles des êtres individuels de ce monde d’ici-bas. Lorsque cette Réalité absolue Se manifestera ainsi à nous par les modalités qu’Allâh a mentionnées dans Son Livre, se lèvera alors l’Heure dernière majeure (as-Sa’at al-kubrâ) de cette existence. D’autre part, à chaque être individuel du monde correspond son heure particulière, l’ensemble de ces heures particulières s’intégrant dans l’Heure générale (as-Sa’at al-’ammah) ; car chacun parvient nécessairement au terme qui lui est fixé, cette condition inéluctable s’appliquant d’une façon générale à la totalité des êtres existenciés en ce monde.

      Ce statut universel de la mort est ce qui est désigné par le terme d’Heure majeure qu’Allâh nous a promis. Lorsque tu sais cela, par une certitude absolue, et que tu l’as bien réalisé, tu auras compris que le monde tout entier, de ses degrés les plus bas aux plus élevés, a un terme fixé connu, tout comme chacun des êtres qui s’y trouvent. En résumé, le statut universel [de la mort], c’est le terme final du monde dans son ensemble, et il n’y a en réalité rien d’autre [à comprendre] à ce propos (1).

        Je ne sais pas si tu as bien compris ce point de doctrine tel qu’il est indiqué ici dans ce livre, ou si au contraire tu l’as compris d’une façon différente que celle que j’ai en vue. Quant à ce qui concerne sa compréhension à partir de l’acception habituelle et son sens extérieur, je vais attirer maintenant ton attention selon une autre interprétation.

       Sache que le Dieu de Vérité suprême possède d’innombrables mondes. Ceux qu’Il observe par l’intermédiaire de l’homme sont appelés « manifesté existencié » (2) ; par contre, les autres mondes qu’Il regarde sans le moyen de cet intermédiaire sont dits « non-manifestés » (3). Ce mystère non-manifesté est de deux sortes : l’un qu’Il a déposé dans la science de l’homme en mode distinctif, et un autre qu’Il a laissé en mode synthétique indifférencié en pure virtualité. Le premier est dit...

 

Jean-François Houberdon

La suite de cet article est exclusivement réservée à nos abonnés ou aux acheteurs du numéro 23 des Cahiers de l'Unité

Pour citer cet article :

Jean-François Houberdon, « Les signes de l’Heure », Cahiers de l’Unité, n° 23, juillet-août-septembre, 2021 (en ligne).

 

© Cahiers de l’Unité, 2021 

 
 
Sourate al-Fâtihah.png

Sourate al-Fâtihah en écriture nasta’liq par le maître calligraphe safavide Mîr ‘Imâd Hasanî (mort en 1675)