Ivan Aguéli

NOTES

 
 
 
 
 
 
 

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Paysage de l’île de Gotland par Aguéli

 (signature en bas, à gauche).

Aguéli voyait dans le cubisme la mise en évidence de la géométrie inhérente aux formes. C’est ce que le peintre Albert Gleizes, lecteur et correspondant de Guénon, essaya d’exprimer lui aussi dans son œuvre. La première exposition collective des Cubistes a eu lieu du 20 avril au 13 juin 1911 au Salon des Indépendants. Aguéli, qui admirait Picasso, en donna un commentaire élogieux.

John Aguelii à sa confirmation (Gauffin, I, p. 23)

John Aguelii jeune écolier

(Gauffin, I, p. 23)

John Aguelii

Gauffin, I, p. 22)

Prince Eugène

José Xifré

(Gauffin, I, p. 22)

Démétrius Platon Sémélas

(1883-1924)

1. La commune d’Islaz fait partie du district (ou : département) de Braïla (comuna Islaz judeţul Brăila), en Roumanie.

 

2. Pour cette étude, nous avons consulté les biographies :

         - d’Axel Gauffin, Ivan Aguéli, Människan - Mystikern - Målaren, (Ivan Aguéli, L’homme, le mystique, le peintre), Sveriges Allmänna Konstförenings Publikation, Volumes 48 et 49, 1940-1941 ;

             - Viveca Wessel, Ivan Aguéli : porträtt av en rymd (Ivan Aguéli : le portrait d’un espace), Författarförl, Stockholm, 1988. Le titre paraît quelque peu énigmatique. En fait, l’auteur traduit ainsi (p. 109) une expression utilisée par Aguéli dans son article : « L’exposition de la “Section d’or” à la galerie La Boétie », qui eut lieu le 1er octobre 1912, publié dans L’Encyclopédie contemporaine illustrée, éditée par Anatole Huot, n° 659, 15 novembre 1912. On lit dans ce texte : « Le cubisme conçu comme discipline est, en effet, la voie qui mène infailliblement à la simple vérité, c’est-à-dire au maximum d’exactitude rendu par le minimum de moyens. C’est la vision rigoureusement personnelle exprimée de la façon la plus brève. Comme le cubisme, au moins selon mon avis, part de la vérité fondamentale que le premier sujet à peindre dans un tableau est justement l’espace lui-même, et comme le portrait d’un espace – si j’ose m’exprimer ainsi – ne peut être exécuté qu’au moyen des proportions exactes entre les distances, les lignes et les luminosités, il s’ensuit que le cubisme est, avant tout, l’architecture volontaire des masses claires ou obscures du vide. Nous voyons, par conséquent, que le cubisme, en ses principes, n’a rien d’extraordinaire que la hardiesse. Il n’est que la méthode la plus sévère que l’on connaisse au moins de nos jours pour étudier l’exactitude des valeurs et la justesse du dessin. » Quelques mois avant sa mort, dans une lettre à son vieil ami Richard Bergh, il écrivait : « Ce que je fais maintenant est la continuation directe de ce que j’ai fait à Gotland. J’étais cubiste vingt ans avant les cubistes, mais mon cubisme, maintenant comme alors, est un fondement souterrain, un secret entre moi, Notre Seigneur et quelques initiés, et des élus parmi les meilleurs enfants mâles. Ô ! le véritable cubisme est celui qui n’est pas visible » (lettre du 24 avril 1917, citée par Gauffin, op. cit., II, pp. 278-279).

                     Aguéli est aussi devenu un personnage de roman : cf. Torbjörn Säfve, Ivan Aguéli, en roman om frihet (Ivan Aguéli, un roman de la liberté) Prisma, Stockholm, 1981.

 

                    Pour les articles et traductions d’Adul-Hâdi publiés dans La Gnose, cf. la réédition intégrale de cette revue, Éditions de L’Homme Libre, collection “Le Chemin du Cinabre”, Paris, 2009 ;

                         Écrits pour La Gnose, Archè, Milan, 1988.

                         Parmi les études sur Aguéli faites d’un point de vue traditionnel, on lira :

             - Michel Vâlsan, « L’Islam et la fonction de René Guénon », Études Traditionnelles, janv.-fév. 1953 ;

               « Références islamiques du “Symbolisme de la Croix” », Études Traditionnelles, mars-juin, puis nov.-déc. 1971. Ces deux articles forment les ch. I et IV du livre : L’Islam et la fonction de René Guénon, op. laud., Éditions de l’Œuvre, Paris, 1984 ; ils contiennent nombre de données biographiques et doctrinales de premier ordre.

                Le Traité de l’Unité de Mohyiddin ibn Arabi, traduit par Abdul-Hâdi, et publié dans La Gnose en trois livraisons (de juin à août 1911) a été traduit à nouveau par M. Michel Chodkiewicz et Michel Vâlsan, l’un et l’autre attribuant ce traité de « L’Identité suprême dans l’ésotérisme musulman » (La Gnose, juin 1911, p. 168) au Cheikh Awhad ad-Dîn Balyânî :

             - Épître sur l’Unicité Absolue, trad. M. Chodkiewicz, Les Deux Océans, Paris, 1982 ;

                - Il Trattato dell’Identità Suprema, trad. M. Vâlsan, revue Oriente e Occidente, nov. 2010, Milan. Dans son Introduction, Michel Vâlsan écrivait : « La traduction d’Abdul-Hâdî est fine, intelligente et riche, mais bien inégale. Dans un texte relativement simple quant au lexique et à la syntaxe, mais aux articulations extrêmement libres (d’où le grand nombre de variantes dans les manuscrits), le traducteur n’a pas réussi à toujours trouver la ligne logique du développement discursif, et certaines contradictions ou incohérences en résultent qui jettent quelque discrédit sur la rigueur démonstrative de la dissertation. Certaines implications doctrinales importantes pour se rendre compte du développement de la pensée lui ont échappé. Ses annotations sont insuffisantes ; aussi, un peu trop personnelles et trop circonstancielles. Sa langue est souvent ingénieuse, mais techniquement pas toujours adéquate ; elle se ressent même de l’atmosphère occultiste du milieu auquel La Gnose s’adressait... Une amélioration de ce travail nous semblait nécessaire. » Il ajoutait en note : « Tel était aussi l’avis de René Guénon, ancien directeur de La Gnose : “La traduction de ce dernier (= Abdul-Hâdî) aurait effectivement besoin d’être améliorée ; vos diverses remarques à ce sujet me paraissent entièrement justifiées” (lettre du 10 janvier 1947 adressée à nous) » (Science sacrée, n° 1-2, janv.-août 2001, p. 104, n. 4).

                   M. Giorgio Verdi a publié une étude critique de cette traduction italienne, regrettant que « les défauts, en nombre très important, qui sont parsemés dans la présente édition, ne peuvent que nuire au travail de Michel Vâlsan, et à l’autorité doctrinale de celui-ci » (Vers la Tradition, déc. 2011-fév. 2012, p. 45 ; cette étude s’étend de la p. 38 à la p. 93). Nous ajouterons que lorsqu’il fit part à Guénon de son intention de traduire ce traité en vue d’une publication regroupant des textes du Soufisme ayant la doctrine de l’Unité pour thème fondamental, il affirma que la traduction d’Abdul-Hâdi « pouvait être à cette occasion “améliorée”, et en tout cas “assimilée” par votre terminologie » (lettre du 28 décembre 1946).

               - Michel Chodkiewicz, « L’“Offrande au Prophète” de Muhammad al-Burhânpûrî », Connaissance des Religions, juin-sept. 1988, en référence à l’Épître intitulée “Le Cadeau sur la manifestation du Prophète”, du Cheikh Mohammed Ibn Fazlallah el-Hindi, La Gnose, déc. 1910 ; les notes parurent en janvier 1911. Conformément à ce que Michel Vâlsan a fait pour sa traduction du Traité de l’Identité Suprême, M. Chodkiewicz, pour les passages qu’il a traduits de cette épître, s’est servi de la terminologie technique mise au point par Guénon, intégrant aussi dans son travail celle établie par Michel Vâlsan.

                        Nous avons aussi consulté les travaux de M. Jean Foucaud :

                  - « Le Musulman, Cheikh ‘Abdu-l-Hedi al-Maghribi Uqayli - I », Vers la Tradition, juin-août 1998, et « Notes complémentaires » dans le n° suivant. À la fin de la première livraison, l’auteur précisait que son article était « extrait d’un ouvrage à paraître sur Aguéli » (p. 50). Annoncé depuis près de vingt ans, ce livre n’a toujours pas été édité.

                        - La seconde partie de cet article est parue dans la même revue, en sept.-nov. 1999. Des « Rectificanda » furent ajoutés dans le n° de mars-mai 2000. Ces textes, et d’autres encore de M. Foucaud, sont désormais en ligne sur Internet.

                   Sur Aguéli comme critique d’art, on lira l’étude documentée de M. Frank Claustrat :

              - « Aguéli, avant-garde et islam : itinéraire d’un artiste et critique d’art nordique à Paris (1895-1913) », dans Cent ans d’études scandinaves, sous la direction de S. Briens, K. E. Gadelii, M.-B. Lehman, J.-M. Maillefer, Konferenser 77, Kungliga Vitterhetsakademien, Stockholm, 2012.

               L’auteur se réfère aux articles d’Aguéli parus dans L’Encyclopédie contemporaine illustrée entre le 27 octobre 1895 et le 31 janvier 1913 ; Aguéli collabora à cette revue au moins jusqu’au 30 juin 1913.

                 - Les pages 135-140 consacrées à Aguéli dans la thèse de doctorat de M. Vibeke Röstorp, Le mythe du retour. Les artistes scandinaves en France de 1889 à 1908, Stockholm Universitets Förlag, 2013. L’auteur se réfère principalement à des études peu connues, et non au seul livre de Gauffin sur Aguéli.

               On lira enfin, en fonction de certaines questions particulières dont nous parlons dans notre travail, les articles concernant Aguéli que M. Denis Andro a mis en ligne :

                  - « Une page de la lutte contre la tauromachie à la Belle Époque : L’attentat de Deuil du 4 juin 1900 » ;

                  « Es-Sirr. Engagement libertaire, peinture, et “Tradition” ésotérique autour d’Ivan Aguéli » ;

                 - « Politique et ésotérisme à la Belle Époque autour du peintre Ivan Aguéli » ; 

                 - « Autour d’une traduction de Juhani Aho par Ivan Aguéli » ; 

                 - « Les chroniques d’art d’Ivan Aguéli ». 

          D’autre part, nous reprenons dans notre étude la transcription des noms propres et noms communs retenue par chaque auteur. On voudra bien excuser la gêne occasionnée par certaines différences plus ou moins marquées.

 

3. La première, et seule fois, semble-t-il, où il a été publiquement fait état de cette correspondance, c’est dans une note écrite par M. Patrice Brecq, qui fut le rédacteur en chef de la revue Science sacrée. À ce titre, il a ajouté anonymement nombre de notes aux articles des divers collaborateurs, en accord avec eux. Ainsi, dans un texte du n° 7 (septembre 2005), il a publié quelques extraits des lettres d’Aguéli à Guénon dans la note 53, pages 22-23, concernant le projet de voyage en Égypte (1911-1912) regroupant René Guénon et plusieurs de ses proches entrés en Islam, ainsi que le peintre Kees Van Dongen. Il a eu l’amabilité de nous remettre les copies qu’il avait faites de ces lettres, et celles d’autres documents, dont celui que nous éditerons plus loin. Nous l’en remercions bien vivement. D’autre part, pour les extraits de lettres que nous citerons, nous corrigerons « les fautes d’orthographe et défauts d’expression, bien excusables chez un Suédois s’exprimant en français » (Ibid., p. 22).

 

4. Les passages que nous résumons, ou citons, proviennent de son livre précité ; ici, cf. II, ch. VIII : « Le dernier voyage », pp. 287-288.

 

5. La vie simple de René Guénon, pp. 48-49, Éditions traditionnelles, Paris, 1958. En réalité, ce n’est pas en 1915, mais l’année suivante que les Anglais l’expulsèrent, la décision étant signifiée le 13 janvier 1916 par le ministre de l’Intérieur britannique (Gauffin, op. cit., II, p. 259). Il arriva à Barcelone le 25 ou 26 février (Ibid., p. 262).

6. Le sens caché dans l’œuvre de René Guénon, p. 51, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1975.

7. Lettre du 15 mai 1949. Il écrira au même le 8 novembre 1950 qu’Abdul-Hâdî s’était rendu « dans le Sud de l’Inde, où il avait lui-même séjourné pendant un certain temps (c’est même là qu’il avait eu des fièvres dont il lui était resté une surdité qui fut la cause de sa mort accidentelle) ». Faut-il attacher de l’importance à ce dernier qualificatif, comme cela est fait dans une note de la rédaction des Écrits pour La Gnose, op. cit., p. XXIII ?

            

8. Gauffin, op. cit., II, pp. 288-289. Gauffin ajoute que « Le lieu mentionné dans la lettre, Castelldefels, est un pauvre village de pêcheurs, situé à une distance de 27 kilomètres au sud-ouest de Barcelone. Dans le village, il y a une petite église romane et les restes de fortifications médiévales que l’on peut probablement trouver sur plusieurs peintures espagnoles d’Aguéli » (Ibid., p. 289).

         

9. Pour tout ce passage, voir Gauffin, op. cit., II, pp. 289-290. Dès le début de son livre, Gauffin parle de malles ou de coffres, et de caisses mis en dépôt chez Marie Huot, contenant divers livres, papiers, etc. Il poursuit bientôt en disant que ce que le prince Eugène, ‒ frère du roi de Suède, il était lui-même peintre ‒ a récupéré « s’est avéré être de très grande valeur. Le plus extraordinaire fut la correspondance entre Aguéli et Mme Huot, une source importante pour la monographie sur le peintre » (Ibid., I, p. 5). N’ayant pas eu accès à ces lettres, nous avons dû les traduire du suédois.

10. Dans sa lettre précitée du 15 mai 1949.

11. Sur E.-J. Coulomb, voir infra. José Xifré y Hamer (1846-1920) aurait été spirite avant de rallier le mouvement théosophique en 1889. Il fut l’un des fondateurs influents de la Société Théosophique en Espagne, puis nommé en 1909 l’« Agent présidentiel » pour ce pays (cf. Annie Besant, Pourquoi je suis devenue Théosophe, p. 58, Paris 1911 ; Les Lois Fondamentales de la Théosophie, p. 226, Paris, 1911). D’après plusieurs sites internet, à ce titre, il créa les premières loges de la Société en 1889, édita diverses revues, dont Sophia (en 1893), traduisit les livres d’Helena Blavatsky, parfois avec d’autres théosophistes ; le premier volume de La Doctrine secrète parut en 1895. Il signa certains articles sous le pseudonyme de “Vina”. Profitant de sa grande richesse, les responsables de la Société mirent tout en œuvre pour le ruiner en l’“incitant” à financer nombre de leurs entreprises…

12. Lettre à Michel Vâlsan, du 5 juillet 1952 ; « au printemps 1906, à l’École Hermétique de Papus, où l’avait amené un de ses amis, un nommé Bébin » (lettre au même, du 30 août 1961 ; même information le 12 février 1962. Comme Genty, Bébin fut l’un des membres de l’Ordre du Temple Rénové). Genty était de plus en correspondance avec Guénon « depuis 1911, je crois » (lettre à Guénon, du 17 avril 1946). Avec Guénon, il fit partie de l’Église gnostique. Il fut secrétaire de La Gnose de novembre 1909 à novembre 1911, et collabora à cette revue sous le pseudonyme de Mercuranus, puis au Voile d’Isis/Études Traditionnelles sous celui de Basilide. Après avoir lu et relu « les études de Schuon et d’Abdul-Hâdi », principalement l’« Épître intitulée le Cadeau », « texte si clair, mais si important » (lettre du 22 août 1945 à Guénon), il entra en Islam ; mais, à cause « de l’incompréhension et de l’hostilité » de sa famille (lettre à Vâlsan, du 7 juillet 1952), ce n’est que bien des années plus tard qu’il demandera au Cheikh Mustafâ (Michel Vâlsan) de lui « transmettre la Baraka du Cheikh El-Alaoui. Je le désire de tout cœur » (lettre du 1er avril 1962). Selon M. Laurant, Genty aurait aussi rencontré Aguéli avant 1902 ; cet auteur se réfère à sa lettre à Paul Chacornac du 3 mars 1951, mais il s’abstient de citer le passage concerné dans sa thèse : L’ésotérisme chrétien en France au XIXe siècle, p. 178, L’Âge d’Homme, Lausanne, 1990.

13. Dupré et Genty se fréquentaient depuis longtemps. D’après Genty, Dupré était dessinateur de métier ; il fréquenta les milieux néo-spiritualistes et, avant la Première Guerre mondiale, il créa avec Démétrius Platon Sémélas “L’Ordre du Lys et de l’Aigle” ; il s’intéressa aux “Frères d’Orient”, qui se seraient rattachés à l’Église orthodoxe grecque, et auraient transmis à Martinès de Pasqually leur initiation, etc. Il collabora à Éon, que dirigeait Sémélas ; ses articles sur le tarot, parus dans cette revue, ont été rassemblés et publiés en livre. Genty craignait que « ce brave Dupré ait été mystifié », et qu’il ait « toujours gardé sa confiance et son admiration pour Sémélas » (lettre à Guénon du 11 mars 1946).

14. Lettre précitée du 22 août 1945.

15. Charles Grolleau (1867-1940) était poète. Son salaire de comptable lui permettait juste de se nourrir, ainsi que sa mère et sa sœur. Il fut l’un des proches d’Aguéli, et, quand celui-ci fut emprisonné en mars 1894, pendant près de cinq mois, à la prison de Mazas, à Paris, inculpé sous la rubrique d’« association de malfaiteurs », il le cita régulièrement dans ses lettres à Marie Huot, généralement par le surnom de « Kalle » (cf. Gauffin, op. cit., I, pp. 156-178 ; ce surnom est une variante de « Karl » = Charles, prénom de Grolleau). Il fréquenta les milieux néo-spiritualistes et collabora à L’Initiation. Il édita plusieurs livres de Huysmans, dont À rebours (1884), Là-bas (1891), La cathédrale (1898), et il traduisit notamment Le Mariage du ciel et de l’enfer, de William Blake (1900), Les Quatrains d’Omar Kháyyám (1902). Il dédia à son ami le sonnet suivant :

 

À Ivan Aguéli.

 

Au sifflement des trains, au roulis des steamers,

Dans l’effroi des tunnels et l’horreur des rafales,

Pour fuir nos passions, ces stupides Omphales,

Au milieu des chansons, des rires, des clameurs,

 

Il faudrait s’en aller, là-bas, vers le soleil !

Aux pays inconnus que le rêve illusoire

Dore d’une éclatante et mensongère gloire,

Chercher un paysage à notre âme pareil.

Et là, dans la lumière et dans l’enchantement,

Se griser de l’oubli qui berce lentement,

‒ Lovés sur des coussins tout fleuris d’arabesques ‒

Et sentir l’âme en nous et ses amours défunts,

Au nostalgique appel des musiques mauresques,

Se diluer dans l’air comme de vieux parfums.

 

                  Ce poème, intitulé : « N’importe où ? » (Gauffin, op. cit., I, p. 181), a été publié sous le titre : « Fuir !... », sans la dédicace, dans la « Revue de Littérature, d’Art et de Critique » Le Thyrse (Tome II, n° 1, 1er mai 1900). Il a été repris par Grolleau dans Reliquiæ, Éd. Charles Carrington, Paris, 1904 (non consulté).

             Il revint au Christianisme avant la Première Guerre mondiale. Guénon et Grolleau signèrent dans Regnabit (n° de janvier 1926, p. 106), un “Appel” adressé par « La Société du Rayonnement Intellectuel du Sacré-Cœur » « Aux Écrivains et aux Artistes » ; Guénon signa comme : « professeur de philosophie », et Grolleau comme secrétaire du « Bulletin des Écrivains et des Artistes Catholiques. » Grolleau fut directeur littéraire chez l’éditeur Crès, qui publia la revue Vient de paraître à laquelle lui et Guénon collaborèrent. Il traduisit : De imitatione Christi en 1933. Dans sa correspondance, Guénon parle de lui à Charbonneau-Lassay (lettres des 2 et 30 décembre 1925 ; 23 janvier 1926 ; 19 février 1927 ; 25 novembre 1928), et au Père Victor Poucel. Dans sa lettre à ce dernier, du 12 avril 1938, il le qualifie d’« excellent ami » ; le 14 juillet 1946, il écrit : « J’ai été bien peiné de ce que vous m’apprenez au sujet de notre pauvre ami Ch. Grolleau, car j’ignorais encore sa mort. À la vérité, je m’inquiétais de ne rien savoir de lui depuis la reprise des communications, et je ne connaissais personne auprès de qui je puisse m’en informer ; je me demandais si sa santé, si fragile déjà depuis longtemps, aurait pu résister aux événements ; mais qu’est-il donc arrivé exactement ? »

16. Genty revient sur ces personnages dans sa lettre à Guénon précitée du 11 mars 1946 : « J’espère que vous ou Clav.[elle] pourrez un jour retrouver Grolleau, Oltramare et Insabato et avoir les manuscrits d’Abdul-Hâdi. Clavelle avait pensé les éditer avec ses articles en un volume. Je souhaite que cela puisse se faire. »

17. Lettre précitée du ...

 La suite de cet article est contenue dans l'édition imprimée du numéro 8 des Cahiers de l'Unité

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