Le berger Petrache Lupu

au milieu de la foule en pèlerinage à Maglavit

Corneliu Zelea Codreanu

(1899-1939), fondateur de la « Légion de l’archange Michel »,

renommée « Garde de fer. »

Marcel Avramescu (1909-1984)

vers l’époque de la fondation

de la revue Memra (1934-35)

Mircea Eliade dans les années 30

Tableau représentant Petrache Lupu

devant l’apparition du « Vieillard »

René Guénon par David Bisson

René Guénon
Une politique de l'esprit

par David Bisson

 

 

Étude critique

NOTES

1. Le titre « Politique de l’Esprit » est celui d’une conférence de Paul Valéry publiée en 1933. À propos de celui-ci, Guénon disait « qu’il n’y a chez lui rien de plus qu’un “jeu d’idées”, et qu’au fond il ne croit même pas qu’il y ait une vérité à atteindre. » (10 février 1939) Le 12 février 1935, il ajoutait : « je me demande toujours ce qu’il veut dire, et s’il n’y a pas chez lui une sorte de “jeu” pseudo-intellectuel plutôt qu’une pensée sérieuse. »  Ce titre est aussi celui d’un livre de M. Bruno Karsenti, Politique de l’esprit, sur Auguste Comte (Paris, 2006), ouvrage qui veut montrer « la dimension politique de la science sociale. » Dans « René Guénon ou la réaction intégrale » (Mil neuf cent, n° 9, 1991), M. Daniel Lindenberg rapproche, de façon absurde, Guénon d’Auguste Comte sous prétexte que l’auteur du Système de politique positive voulait établir un « pouvoir spirituel moderne. »    

 

2. C’est apparemment plus ou moins dans le sillage de l’article de M. Lindenberg que nous avons cité dans la note précédente que M. Bisson a placé son entreprise. On pourrait dire que son ouvrage est une amplification des extraordinaires sottises qu’il contient. Depuis, M. Lindenberg semble s’être néanmoins ressaisi pour une approche moins incohérente si l’on en croit son compte rendu : « Xavier Accart : René Guénon ou le renversement des clartés. Influence d’un métaphysicien sur la vie intellectuelle et littéraire française (1920-1970) », Esprit, février, 2007. C’est Jean Hani (1917-2012), dans un article intitulé « René Guénon et la politique », qui a abordé le premier cette question. (Cf. René Guénon et l’actualité de la pensée traditionnelle, Actes du Colloque international de Cerisy-la-Salle, 1973, 1977 ; repris dans Jean Hani, Mythes, rites et symboles. Les chemins de l’invisible, p. 127, Paris, 1992) Dans ce texte, mal documenté et d’argumentation spécieuse, sans percevoir clairement la solution de continuité entre la politique sacrée et la politique profane, malgré ses déclarations, Jean Hani imaginait que « le domaine social et politique est, lui semblait-il, l’un de ceux sur lesquels il est le plus urgent d’agir. » (ibid. p. 135) Rien ne serait être plus faux et il est frappant de voir quelqu’un d’intelligent, comme il pouvait l’être, qui citait souvent Guénon et paraissait le comprendre, se tromper à ce point. Le même article montre aussi qu’il n’a pas saisi que le mépris des lecteurs qualifiés de Guénon pour la politique moderne n’est pas de l’angélisme, comme il le prétendait, mais de la lucidité. Nonobstant l’intérêt de ses travaux au point de vue traditionnel, il est vrai qu’il n’a malheureusement jamais bien entendu le point de vue initiatique, le confondant souvent avec le point de vue religieux. En témoigne notamment le fait qu’il adopta l’idée absurde de F. Schuon sur l’initiation chrétienne. De son côté, M. Jean-Pierre Laurant avait affirmé l’impossibilité d’une lecture politique de l’œuvre de Guénon, tout en essayant en même temps de montrer le contraire (cf. « Lecture de quelques textes “politiques” de René Guénon », Politica Hermetica, n° 1, 1987). Il existe également un mémoire de recherche intitulé Entre antimodernisme spirituel et universalisme traditionnel, la pensée politique de René Guénon, datant de 1997, par M. Éric Vinson, mais nous n’avons pas eu l’occasion de le consulter. Sur cette question, on peut renvoyer maintenant au numéro hors-série de La Règle d’Abraham qui a pour thème René Guénon et la question politique (n° 11, 2013) et en particulier à l’article de M. Xavier Accart, « Guénon, critique des régimes totalitaires dans les années 1930. »

 

3. Sans se préoccuper de la réalité, il y diffame tranquillement l’enseignement de René Guénon en disant qu’il est « une source avérée [sic] de la pensée fasciste, si l’on songe à ce personnage trop [?!] méconnu en France qui a nom Julius Evola. » Entre autres similitudes, relevons que si pour M. Bisson, « le véritable maître caché » de René Guénon « reste, sans conteste [sic], une autre grande figure de la contre-révolution : Joseph de Maistre » (p. 131), chez M. Lindenberg, Guénon « est d’un certain point de vue, la chose a été parfois soulignée, l’héritier de Joseph de Maistre. » (p. 72) Cette relation que l’on établit souvent entre Guénon et Maistre est aussi superficielle qu’invraisemblable. Les idées de Maistre sont d’ordre religieux et social, ce qui n’est certes pas le cas de celles de l’œuvre de Guénon. On ne trouvera évidemment pas chez Maistre, notamment, la doctrine de l’ « Identité Suprême », celle des états multiples de l’être ou une doctrine de l’initiation… (cf. Émile Dermenghem, Joseph de Maistre mystique, Paris, 1946)  

 

4. « À ce propos, nous ajouterons encore ceci : le travail ayant pour but d’empêcher toute “réaction” de viser plus loin que le retour à un moindre désordre, en dissimulant d’ailleurs le caractère de celui-ci et en le faisant passer pour l’“ordre”, rejoint très exactement celui qui est accompli, d’autre part, pour faire pénétrer l’esprit moderne à l’intérieur même de ce qui peut encore subsister, en Occident, des organisations traditionnelles de tout ordre ; le même effet de “neutralisation” des forces dont on pourrait avoir à redouter l’opposition est pareillement obtenu dans les deux cas. Ce n’est même pas assez de parler de “neutralisation” car, de la lutte qui doit inévitablement avoir lieu entre des éléments qui se trouvent ainsi ramenés pour ainsi dire au même niveau et sur le même terrain, et dont l’hostilité réciproque ne représente plus par-là, au fond, que celle qui peut exister entre des productions diverses et apparemment contraires de la même déviation moderne, il ne pourra finalement sortir qu’un nouvel accroissement du désordre et de la confusion, et ce ne sera encore qu’un pas de plus vers la dissolution finale. » (Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Chapitre XXXI)

 

5. « Situation actuelle de la Maçonnerie », Études Traditionnelles, janvier-février, 1950 ; repris dans Pour un aboutissement de l’œuvre de René Guénon. Les “Aperçus sur l’initiation”, ch. XIV, Milan, 1988.

 

6. D’après lui, entre 1890 et 1914, « deux courants majeurs traversent le champ intellectuel de part en part : le socialisme, comme voie de réalisation politique, et l’occultisme comme voie de salut individuel » (p. 28) Si l’on adopte le grossier système de causalités socio-psychologiques de M. Bisson, on se demande alors pourquoi René Guénon parti à vingt ans « en quête de sa propre destinée dans le Paris de la Belle Époque », alors qu’il fut soi-disant influencé par l’occultisme, ne le fut pas par le socialisme, d’autant que nombre d’occultistes étaient socialistes… Selon ce point de vue, c’est une activité spontanée de la cause efficiente qui explique le plus par le moins.

 

7. Ce pseudo-diagnostic psychiatrique est devenu maintenant une sorte de cliché. Tout un chacun le répète sans y réfléchir et sans le démontrer. Son but véritable, dont n’ont pas toujours conscience ceux qui le colportent, est d’évacuer à peu de frais l’examen de la partie de l’œuvre de Guénon mettant en lumière la véritable nature du monde moderne et décryptant ses soubassements obscurs. Il en est de même avec la théorie du complot que l’on relie systématiquement à ce pseudo-diagnostic et qui est devenue un stéréotype disqualifiant lancé à tout propos pour empêcher la recherche de l’origine de certains évènements. Ce n’est pas parce que certains imaginent des complots extravagants et improbables, puisqu’il est évident qu’il y a aussi des fous et des paranoïaques, qu’il n’y en a jamais aucun nulle part. Les exemples de conspirations historiquement attestées sont très nombreux ainsi que l’existence de la « guerre secrète ». Notre époque n’est, certes, pas exempte des unes et de l'autre. À titre d’exemple, puisque ce sont des méthodes analogues qui sont encore employées aujourd’hui, mais à d’autres fins, on pourra lire La fin de l’innocence. Les intellectuels d’Occident et la tentation stalinienne. 30 ans de guerre secrète (Paris, 1995) par Stephen Koch ou La CIA en France par Frédéric Charpier (Paris, 2008). Le droit anglo-saxon, moins idéologique que le droit français, connaît d’ailleurs l’accusation de « Conspiracy. » Il va de soi, néanmoins, que ces choses sont cachées par définition et parfois assez subtiles. Dans Orient et Occident (ch. I), Guénon remarquait : « L’histoire vraie peut être dangereuse pour certains intérêts politiques ; et on est en droit de se demander si ce n’est pas pour cette raison que certaines méthodes, en ce domaine, sont imposées officiellement à l’exclusion de toutes les autres : consciemment ou non, on écarte a priori tout ce qui permettrait de voir clair en bien des choses, et c’est ainsi que se forme l’“opinion publique”. 

 

8. Sans revenir ici sur les commentaires putrides de Mme Marie-France James à propos de cet épisode, on relèvera que pour étayer cette appréciation il fallait également mettre en cause le père même de René Guénon. Ce qui semble n’avoir gêné personne. Dans une lettre qui a été retrouvée, on peut lire pourtant que celui-ci a donné précisément tous les détails des injures et des menaces d’un professeur contre son fils, un élève de quatorze ans. Les biographes modernes, loin de s’émouvoir de ce comportement inadmissible de la part d’un professeur, considèrent au contraire que cela veut dire que le père de Guénon était non pas attentif et responsable, mais affecté d’une « susceptibilité orgueilleuse. » Ces biographes reprennent ainsi sans discernement ni scrupule l’interprétation calomnieuse donnée en 1954 par le Dr Jean Mornet. Né en 1926, celui-ci n’a jamais connu Guénon ni son père contrairement à ce que peut laisser croire le fait qu’il publia son texte sur René Guénon dans Le Bulletin de l’Association des anciens élèves du lycée de Blois, texte injurieux où il exprimait un ressentiment déréglé. Dans son livre sur Guénon (1975), M. Laurant qui rapporte complaisamment une de ses remarques insanes et haineuses n’a rien trouvé à y redire. Bien sûr, ces biographes s’abstiennent aussi de signaler que ce Dr Mornet, comme d’ailleurs Mme Marie-France James elle-même, était de ces catholiques obtus et modernistes qui, par passion religieuse et limitation intellectuelle, vouaient une franche hostilité à son œuvre. Dans sa réponse à la lettre du père de Guénon, le directeur de l’établissement, qui s’abstint même de le rencontrer au prétexte d’une maladie opportune, au lieu de présenter ses excuses et celles de son professeur, et qui avoua avoir été froissé –  ce qui était évidemment une litote – par cette lettre où son auteur lui expliquait de façon précise les raisons qui le conduisaient à retirer son fils de l’école, fit porter toute la responsabilité de l’incident uniquement sur l’élève. Avec une belle hypocrisie, il l’accusait tout en refusant ouvertement de donner les preuves de son accusation. Il terminait sa réponse avec une emphase qui témoignait à la fois de sa fausseté et de son esprit de corps en disant que « l’esprit de justice et d’impartialité » du professeur indigne « est reconnu universellement » !

 

9. Voir, par exemple, François Chenique, Souvenirs métaphysiques d’Orient et d’Occident (pp. 26, 27, 28, 30 et 43, Paris, 2009). Il relate également la persécution infligée à l’abbé André Gircourt, alias Abbé Henri Stéphane (1907-1985), un lecteur de Guénon d’esprit traditionnel, professeur au Collège catholique de la Chartreuse de Bosserville (p. 35). Dans Le Crépuscule d’une idole (p. 15 et 16), Michel Onfray parle d’une « fournaise vicieuse » à propos du pensionnat de prêtres salésiens où il passa quatre années, de 10 à 14 ans.  

 

10. Rappelons que l’idée selon laquelle les évènements survenus pendant l’enfance ou l’adolescence conditionneraient obligatoirement toute l’existence de tous les êtres n’est qu’une fiction psychanalytique. Diffusée dans le grand public, elle est maintenant érigée en vérité dogmatique. Elle participe d’ailleurs activement à la destruction de l’idée traditionnelle de la famille, notamment en induisant le procès perpétuel des parents et la déresponsabilisation de celui qui les instruit. Notons au passage qu’il a été édifiant d’observer la bassesse et la vacance argumentative des dupes de la psychanalyse pour combattre le livre de M. Michel Onfray sur Freud, livre pourtant écrit d’un point de vue moderne qui montre à partir de ce même point de vue que l’épistémologie de Freud relevait de la bouffonnerie et son influence de « l’hallucination collective. » (cf. Le Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne, Paris, 2010) De son côté, le Dr Bénesteau, qui avait déjà démontré que « le roi était nu », avait parlé de la « crédulité enfantine » des admirateurs de Freud. Il faut dire que pour les psychanalystes, outre les questions d’atteinte à leur amour-propre, c’est-à-dire d’avoir cru si longtemps à cette supercherie, il y a aussi la mise en cause de leurs intérêts économiques, de leur statut social et de leur pouvoir. (Cf. Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens : histoire d’une désinformation séculaire, Sprimont, 2002) Il est à craindre cependant que la dénonciation définitive de cette imposture malfaisante auprès du grand public, cinquante ans après Guénon, ne viennent trop tard : le mal est fait.

 

11. Il est amusant qu’on lui fasse un tel reproche alors que toute son œuvre et sa correspondance montrent exactement le contraire d’une quelconque « impressionnabilité. » On ne peut malheureusement pas en dire autant de tous ceux qui s’en prennent à lui. Sur cette prétendue « impressionnabilité », on peut citer sa lettre du 8 juin 1928 à Charbonneau-Lassay à propos du Père Félix Anizan : « Quand j’ai précisé des choses embarrassantes pour lui, il s’est bien gardé d’y répondre, et il a cru s’en tirer en me lançant à la tête le mot d’“erreurs” ou d’autres du même genre, comme si cela pouvait m’impressionner ! Il faut croire qu’il ne me connaît guère ; je ne sais pas au juste à quelle sorte de gens il a l’habitude d’avoir affaire, mais ce qu’il y a de certain, c’est que ce sont des gens avec qui je n’ai rien de commun. » Il ajoutait : « J’estime que chacun doit être maître chez soi et dans son propre domaine, et il n’y a que si on prétend empiéter sur le mien (je dis “le mien” pour me faire comprendre) que je devrai aviser à y mettre ordre ; je vous avoue d’ailleurs que je préférerais n’avoir point à le faire ; mais, quoi qu’il arrive, les imprudents n’auraient à s’en prendre qu’à eux-mêmes. » Dans une lettre du 26 septembre 1927, il notait : « Évidemment, en présence de ces attaques ineptes et contradictoires, il n’y a qu’à hausser les épaules et, comme vous dites, à continuer sa route sans s’en préoccuper autrement ; mais ce qu’il y a de fâcheux, c’est que ces revues ont des lecteurs qui croient toutes ces sottises, de très bonne foi, et qu’ainsi cela peut tout de même faire un certain tort. Enfin, ce n’est pas cela qui m’empêchera de poursuivre mes travaux, bien entendu, ni qui m’en fera changer l’orientation. » (C’est nous qui soulignons) On voit que l’on peut être sensible et attentif sans être impressionnable le moins du monde. Nous ne pouvons pas mentionner ici tous les passages qui témoignent chez lui du contraire de l’ « impressionnabilité », mais l’on peut encore citer cette dernière remarque : « Cela m’est d’ailleurs parfaitement égal, car, qu’on le veuille ou non, c’est ainsi ; étant totalement indépendant, j’estime n’avoir pas à me préoccuper de ce qui peut plaire ou déplaire aux uns et aux autres, et je ne reconnais à personne le droit de m’empêcher de dire ce que je sais être la vérité. J’ajoute que, me plaçant à un point de vue purement intellectuel, je suis résolument opposé à toute propagande, aussi bien qu’à toute combinaison plus ou moins politique ; et, pour ce qui est des autres, je ne m’en occupe pas. » (« Réponse à G.-E. Monod-Herzen », Notre temps, 20 décembre 1927)

 

12. Cf. Jean Reyor, « Un “signe des temps” », Études Traditionnelles, mars-avril, 1946.

 

13. Cf. « Miroir des textes », Cahiers de l’Unité, n° 1, janvier-février-mars 2016.

 

14. Sur la pertinence de cette qualification, on notera ici de ce qu’écrivait Guénon dans une lettre 27 août 1947 : « J’aimerais aussi que l’on n’insiste pas à me qualifier de “Français ”, car je suis entièrement indépendant de toute influence “locale” et, à part la langue, il me paraît évident qu’il n’y a rien de spécifiquement français dans ce que j’écris. » Le 19 novembre 1934, il avait déjà précisé : « Mais pourquoi me qualifier d’“européen” ? Je vous assure bien que je ne me suis jamais senti tel sous aucun rapport ! »      

 

15. Pallis termina son étude en 1965 et souhaita la publier dans les Études Traditionnelles. Refusée par Michel Vâlsan en 1966, elle fut publiée pour la première fois en 1976 dans le n° 2 de la revue Sophia Perennis et rééditée en 1984 dans les Dossiers H sur René Guénon. (Cf. Cyrille Gayat, « Réfutation de quelques erreurs relatives à la doctrine du Centre Suprême », p. 142, Science sacrée, n°s 1-2, 2001)

 

16. Cf. Science sacrée, n° 1-2, 2001 et n° 3-4, 2002.  

 

17. Cf. « Le Voile du Temple », Études Traditionnelles, N°s 384-5 et 386, 1964 ; 388, 1965.

 

18. Dans son livre, Guénon a pourtant averti que s’il citait Ossendowski et Saint-Yves, « c’est uniquement parce que ce qu’ils ont dit peut servir de point de départ à des considérations qui n’ont rien à voir avec ce qu’on pourra penser de l’un et de l’autre », et qu’il ne voulait pas se « livrer, à propos de leurs ouvrages, à une “critique de textes” plus ou moins vaine, mais bien apporter des indications qui n’ont encore été données nulle part. » (Cf. Le Roi du Monde, ch. I) Il semble cependant que quoi qu’il dise, ses biographes modernes ne le croient jamais ou ne tiennent pas compte de ce qu’il écrit.

 

19. Cet adjectif vague et inadéquat revient sans cesse sous la plume de M. Bisson et semble relever d’un tic de langage. Il n’a pas compris que « le sens vraiment initiatique est indéfiniment multiple, pourrait-on dire, et, en raison des correspondances qu’il entraîne, il renferme tous les autres sans jamais rien limiter ; c’est par là qu’il n’a aucune commune mesure avec les interprétations profanes (je prends ce dernier mot dans le sens qu’on pourrait appeler “technique”). » (Lettre de Guénon du 8 février 1929)

 

20. Cf. les comptes rendus de février et juin 1931, et celui de juin 1949 dans les Études Traditionnelles. S’il s’était donné la peine de les lire, M. Bisson aurait été moins approximatif puisqu’il écrit qu’« en 1929, il est contacté par ce groupe », alors que Guénon a indiqué que « dès 1927 », il avait refusé formellement « toute participation à leurs “travaux”. » De son côté, l’occultiste Serge Caillet n’a pas mieux lu ces trois textes et a mis gratuitement en doute la version de Guénon en prétendant faussement qu’il n’a pas dit « qu’il a rédigé la préface d’un ouvrage sur la question. » (« Des illuminés d’Avignon à la Fraternité Polaire : deux oracles numériques aux XVIIIe et XXe siècles », p. 44, Politica Hermetica, n° 21, 2007) Certes, tout le monde peut commettre des erreurs, mais il est étrange que lorsqu’il s’agit de Guénon ces erreurs soient toujours en sa défaveur. 

 

21. En sanskrit, Hamsa désigne l’« état primordial » et aussi le nom de la caste unique pendant le Krita-Yuga lors duquel les hommes possédaient spontanément cet état. Il est représenté par le Cygne symbolique, véhicule de Brahmâ et de Saraswatî. Les syllabes Ham et Sah qui le constituent sont une expression symbolique des pôles complémentaires de l’être, en correspondance avec les deux phases de la respiration, qui représentent celles de la manifestation universelle. C’est également le mantra de « la non-récitée » (ajapâ) (cf. Le Symbolisme de la Croix, ch. III et La Grande Triade, ch. V) Dans la tradition hindoue, le titre de Paramahamsa, le « Suprême Cygne », est donné (parfois de manière abusive) à ceux dont on considère qu’ils ont atteint cet « état primordial. » Ce fut le cas notamment de Râmakrishna et c’est ce qui explique pourquoi un cygne figure sur l’emblème de la Râmakrishna Mission.

 

22. La réponse absurde à sa question était : « Fume de la racine de chanvre dans une pipe à eau et tu sauras ce que c’est qu’Hamsa », réponse qui ne devrait sans doute pas manquer de plaire aujourd’hui à certains détraqués. À ce propos, il répondait à Accomani le 7 octobre 1929 : « J’ai reçu votre lettre ce matin et je vous en remercie ; malheureusement, le résultat de l’expérience est tout à fait lamentable, et au-dessous de tout ce que j’aurais pu supposer ! » Dans le même sens, il reparlait de cette affaire à un autre de ces correspondants le 26 juillet 1931 : « Quant aux histoires d’“Asia Mysteriosa”, c’est évidemment bien compliqué, et c’est plutôt une caricature de certains procédés réels ; en tout cas, les résultats obtenus sont assez pitoyables. » Magre avait initialement publié son livre en feuilleton dans un journal. Guénon, qui le connaissait personnellement, mais qui ne le savait pas être l’auteur véritable de cette attaque turpide, l’avait relevé dans Le Voile d’Isis en novembre 1934 : « Dans Gringoire, un obscur littérateur a publié, sous le titre Le Mystère à Paris, une sorte d’“enquête romancée”, où il est surtout question de sorcellerie et d’autres choses connexes, passablement répugnantes pour la plupart. Dans le numéro du 24 août, il a cru utile de mettre en cause notre personne, qui doit cependant intéresser fort peu les lecteurs de son ténébreux roman-feuilleton. Ce qu’il écrit sur nous témoigne d’une manifeste hostilité, dont nous ne nous attarderons pas à rechercher la cause ; mais il nous plaît de constater que cette hostilité ne trouve rien de mieux à nous opposer que des racontars d’une pareille pauvreté. Nous traiter d’“esprit destructif”, prétendre que nous avons “attaqué certaines doctrines hindoues”, ceux qui connaissent tant soit peu notre œuvre ne peuvent que hausser les épaules devant de semblables assertions ; passons... Mais ce qui est véritablement inquiétant, c’est la publicité donnée à toutes ces histoires de sorcellerie, d’espionnage et de basse police, qui vont sans cesse en se multipliant, soit dans les journaux, soit en volumes, et qui se ressemblent toutes étrangement par la « présentation », et même par le style ; qui donc inspire et dirige cette campagne de détraquement de la mentalité publique par l’exploitation des plus malsaines curiosités ? »

 

23. Il fut l’éditeur de la revue Au Christ-Roi du Hiéron de Paray-le-Monial qui publia l’article de Guénon sur « Le Christ Prêtre et Roi » (mai-juin 1927). Comme Guénon l’indiqua lui-même à un de ses correspondants, « la suite annoncée n’a jamais paru, la chose ayant coïncidé avec les incidents qui ont amené la cessation de ma collaboration à Regnabit. » On sait que Paul Le Cour avait envoyé une lettre de délation diffamatoire, le 31 janvier 1926, à Jeanne Lépine-Authelain, la secrétaire de l’Association du Hiéron (cf. Patrick Lequet, « Le Hiéron du Val d’Or et l’ésotérisme chrétien autour de Paray-le-Monial », Politica Hermetica, n° 12, 1998). Au chapitre VI du Roi du Monde, Guénon a réutilisé certaines parties de son article sur « Le Christ Prêtre et Roi » et peut-être est-ce simplement une lecture hâtive de la part de M. Bisson qui explique son assertion. Non pas qu’il ait effectué lui-même une comparaison entre ces textes, mais ayant simplement lu trop rapidement l’article de M. Lequet qui mentionne cette réutilisation, son esprit embrouillé et brouillon aura produit une confusion qui correspondait à ses préjugés.

 

24. Loin d’adopter l’attitude qu’aurait eu toute personne qui se serait introduite subrepticement dans un milieu, Guénon eut au contraire le souci de faire connaître à tous les membres du Comité de rédaction de Regnabit et à la société du « Rayonnement Intellectuel » les raisons de son éviction : « Peu de temps après notre retour ici, un de mes correspondants du Midi, le Dr Peyre, m’a communiqué des lettres que le P. Anizan lui avait adressées, et qui contenaient de nouvelles preuves que celui-ci ne m’avait pas dit la vérité, notamment en prétendant que ses questions avaient été provoquées par la réponse que j’avais faite à sa communication au Comité. Là-dessus, estimant que je savais maintenant tout ce qui je voulais savoir et qu’il était temps de mettre fin à une histoire qui ne m’avait déjà fait perdre que trop de temps, j’ai envoyé ma démission motivée, non seulement du Comité, mais de la société même du “Rayonnement Intellectuel”. Je pense d’ailleurs que vous avez eu connaissance aussi de cette dernière partie de notre correspondance, car j’ai prié le P. Anizan de communiquer intégralement ladite correspondance à tous les membres du Comité. Vous voyez que je n’ai suivi que partiellement votre conseil, car, bien loin de trouver préférable que ma démission passe inaperçue, je tiens au contraire à ce qu’on sache les véritables raisons ; mon cas n’est aucunement assimilable à celui de M. Thomas, et ma situation intellectuelle ne me permet pas de laisser croire qu’il l’est. » (Lettre du 8 juin 1928) 

 

25. Voici ce que disait Guénon le 26 septembre 1927 : « Dans une revue intitulée “Notre Temps” (comme le livre de Truc), un certain Monod-Herzen [Il s’agissait de Gabriel Monod-Herzen (1899-1983) qui était théosophiste à cette époque] prétend que je suis spécialement chargé par Rome de présenter les doctrines hindoues de façon à les mettre d’accord avec le Catholicisme ! Venant après l’autre histoire, ce n’est vraiment pas banal ; c’est à se demander si tous ces gens ne sont pas fous. » Cela ne rappelle-t-il pas « l’idée d’une Tradition ancrée dans la métaphysique hindoue » de M. Bisson ? On voit que les choses n’ont guère changé… Il y avait d’ailleurs répondu : « Il est absolument faux que j’aie jamais été chargé d’un travail quelconque par “l’Église de Rome”, dont les tendances actuelles, d’ailleurs, ne me semblent guère correspondre au “plan d’action” supposé par Monod-Herzen. […] …je n’ai cessé au contraire d’affirmer la supériorité de la métaphysique pure, qui ne se trouve plus que dans les doctrines orientales, sur toutes les formes extérieures, religieuses ou autres. […] …en réalité, partant de la doctrine hindoue, j’ai eu à me demander si le Catholicisme était orthodoxe, c’est-à-dire s’il était en accord avec cette doctrine, issue directement de la grande Tradition primordiale ; pour moi, l’orthodoxie ne peut avoir aucun sens autre que celui-là. Ayant constaté cet accord, je n’avais aucun motif de ne pas le dire. » (Art. cit., 20 décembre 1927)

       On se souvient que M. Ringgenberg, bien que n’ayant aucune idée de ce que représente réellement Ibn Arabî, reprochait à Guénon de ne se référer essentiellement qu’à lui quand il abordait l’ésotérisme islamique (cf. Cahiers de l’Unité, n° 1, 2016). De son côté, M. Bisson, qui ne sait rien de l’importance et du rôle fondamental de Shankarâchârya dans la tradition hindoue – un avatâra de Shiva qu’il prend pour… un philosophe ! –, lui fait grief de s’appuyer essentiellement sur une partie de ses commentaires (p. 44). Pour lui, Guénon ne donne ainsi qu’un « aperçu limité de la spiritualité hindoue – confiné à l’ordre spéculatif –. » Pour comprendre ce qu’il peut bien vouloir dire, il suffit de lire la suite où il déclare que « la multiplicité des écoles religieuses (sic) – vishnouisme, shivaïsme, etc. – est minorée au profit de l’unité de Brahma » (p. 44). Comme Brahma désigne « le principe impersonnel, donc absolument universel », c’est effectivement un « aperçu limité » et une considérable minoration

 

26. C’est à la suite de la publication de certaines attaques, comme celles parues dans la Revue Internationale des Sociétés Secrètes et de la publication de La Crise du monde moderne (1927), et à l’instigation fort probable de Jacques Maritain que les supérieurs du Père Félix Anizan, en la personne de Mgr Lucien Paulot (1864-1938), évêque de Reims et ami de Maritain, l’obligèrent à mettre fin à la collaboration de Guénon en lui interdisant la publication d’un de ses articles. Comme nous l’avons déjà signalé dans notre compte rendu du livre de M. Ringgenberg (Cahiers de l’Unité, n° 1), le Père Anizan, qui mentit à Guénon, n’eut pas un comportement approprié à son égard. Voici ce que ce dernier écrivait le 8 juin 1928 à Charbonneau-Lassay : « Il se peut que, comme vous le dites, le P. Anizan ne soit pas mêlé directement à certaines intrigues, mais qu’il soit néanmoins influencé par des gens qui y sont mêlés. Ceux de mes amis d’ici à qui j’ai eu l’occasion de montrer notre correspondance (et parmi eux des prêtres) ont été unanimes à penser que l’attitude qu’il a prise lui a été imposée ; j’aime mieux cela pour lui, car il n’a été en quelque sorte, dans toute cette affaire, qu’un instrument irresponsable. Du reste, j’en sais trop long sur la façon dont les choses se passent dans certains milieux ecclésiastiques pour en être étonné. » Il remarquait également : « Autre chose encore : le P. Anizan m’a toujours laissé ignorer les critiques adressées à mes derniers articles de “Regnabit”, il n’a même pas eu l’élémentaire franchise de m’en faire part (pas plus qu’il n’a eu la non moins élémentaire courtoisie d’attendre ma démission pour me faire supprimer le service de “Regnabit”) ; sans vous, j’en ignorerais encore l’existence, et je vois d’ailleurs que ce n’est pas par lui que vous-même les avez connues. De même, j’ai eu quelque mal à lui faire avouer que c’était la “Crise du Monde moderne” qui avait déclenché son attaque, et il s’est bien gardé de me dire qu’il se faisait l’écho de certaines critiques de théologiens ; je m’en étais bien douté tout de suite, et d’ailleurs cela m’est bien égal au fond, car je ne puis être touché par des critiques qui portent forcément à faux ; mais quels procédés tortueux ! Vous devez bien penser, du reste, que je n’irai pas perdre mon temps à discuter avec quelques théologiens plus ou moins anonymes, d’abord parce que je suis tout à fait persuadé de l’inutilité de la discussion en général, ensuite parce que je n’ai pas à me laisser entraîner sur un terrain qui n’a rien de commun avec celui où je me place, et enfin parce qu’il y a des choses qui, par leur nature même, sont et doivent rester au-dessus de toute discussion. »

            Dans un article intéressant, M. Jean-Pierre Brach, tout en reconnaissant la bienveillance et la courtoisie de Guénon – ce qui change agréablement de ce que l’on peut lire d’habitude –, considère néanmoins qu’il était « facilement susceptible » et manqua de psychologie lors de cet épisode. Si ces appréciations sont une manière de reconnaître a contrario qu’il n’était aucunement un « intrigant », elles n’ont malgré tout guère de pertinence puisqu’elles sont formulées ex post et ne prennent pas en compte la totalité de la documentation sur cette affaire. Nous ne les partageons pas : au regard des enjeux, de la fonction de Guénon, de la nature de son enseignement, des dix-neuf articles publiés, de la sollicitation initiale du Père Anizan, de ses engagements explicites et implicites, comme de ses manquements incontestables tels qu’ils sont notamment précisés dans la lettre ci-dessus, il nous semble que Guénon ne pouvait guère agir et réagir autrement qu’il ne l’a fait, il n’y avait là, certes, ni susceptibilité mal placée ni manque de psychologie de sa part. D’autant que si Maritain n’était pas intervenu, il n’est pas impossible que sa collaboration eût pu se poursuivre. En juillet, 1927, en informant le Père Anizan de la suspension de sa collaboration à Regnabit à la suite du refus de son article « Le grain de sénevé », refus consécutif à l’intervention de Mgr Paulot auprès du Père Anizan, il lui rappelait : « Cette collaboration, ce n’est pas moi qui l’ai offerte ; c’est vous, mon Père, qui me l’avez demandée, et j’avais accepté bien volontiers, y voyant l’occasion d’exposer certaines choses intéressantes ; si on me met dans l’impossibilité de le faire, elle n’a plus aucune raison d’être. » On sait que ses censeurs voulaient lui imposer de professer « la primauté absolue du centre spirituel romain dans le domaine sacré. » Nous croyons que M. Brach n’a pas bien pris la mesure réelle de ce que représente la fonction de Guénon et ce qu’elle implique, ni de qui il était. (Cf. « Christianisme et “Tradition primordiale” dans les articles rédigés par René Guénon pour la revue Regnabit », in René Guénon. L’appel de la sagesse primordiale, Paris, 2015)

 

27. Michel Vâlsan, « La fonction de René Guénon et le sort de l’Occident », Études Traditionnelles, juil. - nov. 1951; n°s 293-294-295. Le caractère graduel de son œuvre n’est pas non plus une « évolution. » Il le rappelait dans une lettre du 30 décembre 1925 : « Son étonnement prouve tout simplement qu’il n’a rien compris à ce que je fais ; l’“évolution” dont il parle n’existe pas chez moi, et, depuis près de vingt ans, je n’ai jamais changé d’orientation ; j’admets au même titre toutes les traditions, orientales ou occidentales, qui ne sont que des expressions différentes d’une seule et même vérité. » Il est également faux de parler d’un « accomplissement doctrinal » à propos de la période où il résidait au Caire, comme l’avance encore M. Bisson (p. 10). Ce ne fut pas non plus un « exil » au sens où il l’imagine (p. 136), mais plutôt une « hégire » (hîjra). L’homme et son devenir date de 1925 et il avait entamé la rédaction du Symbolisme de la Croix en février 1930, c’est-à-dire un mois avant son départ (Lettre du 23 juillet 1930). Il a été terminé avant la mi-août 1930, à savoir cinq mois après son départ pour Le Caire : « La raison principale qui m’a fait négliger ma correspondance en tous ces temps-ci, c’est que j’ai travaillé à la préparation d’un volume sur le “Symbolisme de la Croix” (c’est-à-dire, au fond, sur les états multiples de l’être), dont la rédaction est maintenant terminée ; il ne me reste plus qu’à le remettre au net ; cela devra paraître vers la fin de l’année. » (Lettre du 15 août 1930) Sa dédicace indique d’ailleurs que l’idée lui en était venue dès 1911, comme en témoigne son étude de La Gnose parue sous le même titre.   

 

28. Rappelons ici sa déclaration figurant dans un compte rendu de décembre 1947 et déjà cité dans notre revue : « Nous n’avons point à “chercher la vérité” ici ou là, parce que nous savons (et il nous faut insister sur ce mot) qu’elle est également dans toutes des traditions. »

 

29. Cette lettre est citée, avec des variantes, par Mme Marie-France James dans son livre Ésotérisme et christianisme autour de René Guénon (vol. I, p. 390, Paris, 1981) et par M. PierLuigi Zoccatelli dans Le lièvre qui rumine, p. 17, Milan, 1999. Mme James indique comme date le 8 novembre 1936, ce qui est sans doute une erreur. À propos de théologiens qui se mêlaient de le critiquer, il disait que cela lui importait peu à titre personnel, « mais cela peut avoir son intérêt pour savoir à quel point précis en est arrivée la décadence moderne. […] Si j’ai fait entendre certains avertissements, c’est que je devais le faire, sans pourtant m’illusionner sur le résultat. » (Lettre du 8 juin 1928)

 

30. « Évidemment, si je n’étais qu’un simple “théoricien”, je pourrais me permettre de négliger beaucoup de choses, mais il n’en est pas ainsi ; et d’ailleurs, si tel était le cas, tout cela ne se produirait pas, car alors ce que je ferais ne serait guère gênant pour personne ; mais il est des choses auxquelles on ne peut toucher sans que cela déclenche des réactions peu ordinaires… » (Lettre du 29 mars 1932)

 

31. Sur Henry Corbin, cf. le compte rendu de Guénon dans les Études Traditionnelles, en mai 1947. Voir aussi, É. T., n° 441, pp. 42-45, janvier-février, 1974. Henry Corbin, sans avoir un point de vue traditionnel, et malgré sa focalisation quasi exclusive sur le shi’îsme, a néanmoins donné à voir quelques aspects de l’ésotérisme islamique à un certain public, même s’il a pu parfois les confondre avec la philosophie. Il faut lui rendre hommage de ne pas avoir réduit la spiritualité à l’historicisme et à la sociologie.

 

32. Sur les idées de cet auteur, cf. Patrick Geay, Hermès trahi, 1er partie, ch. 4, Paris, 1996. 

 

33. C’est ce qu’a fait, avec beaucoup de brio, M. Xavier Accart dans son livre René Guénon ou le renversement des clartés (Paris-Milan, 2005). Une lecture plus attentive de son livre aurait certainement évité à M. Bisson bien des erreurs, mais on se doute un peu que la vérité n’était pas ce qu’il cherchait. Il est sans doute inutile de préciser que les prétendus propos de Guénon tels qu’ils sont rapportés par Pierre Pascal (1909-1990), dans « Lux evoliana », relèvent de la mythomanie de ce dernier (cf. Julius Evola, le visionnaire foudroyé, p. 174, Paris, 1977). Il n’est pas le premier à avoir fabulé de cette façon : nous nous souvenons d’un livre de Maryse Choisy – sans doute le second volume de ses Mémoires –, aujourd’hui heureusement bien oubliée, où elle avait voulu faire croire à une rencontre avec Guénon, le faisant parler de manière invraisemblable.

 

34. Le « toqué » en question était Paul Le Cour. Guénon a publié une mise au point à ce propos : « – D’autre part, revenant à la question Italie et Éthiopie, M. paul le cour, au milieu de fantaisies diverses, éprouve le besoin de nous nommer, d’une façon qui paraît vouloir sous-entendre nous ne savons trop quelles insinuations ; pour y couper court en tout état de cause, nous redirons encore une fois : 1° que “nos doctrines” n’existent pas, pour la bonne raison que nous n’avons jamais fait autre chose que d’exposer de notre mieux les doctrines traditionnelles, qui ne sauraient être la propriété de personne ; 2° que chacun est naturellement libre de citer nos écrits, à la condition de le faire “honnêtement” c’est-à-dire sans les déformer, et que cela n’implique de notre part ni approbation ni désapprobation des conceptions particulières de celui qui les cite ; 3° que le domaine de la politique nous étant absolument étranger, nous refusons formellement de nous associer à toute conséquence de cet ordre qu’on prétendrait tirer de nos écrits, dans quelque sens que ce soit, et que par conséquent, à supposer que la chose se produise, nous n’en serons assurément pas plus responsable, aux yeux de toute personne de bonne foi et de jugement sain, que nous ne le sommes de certaines phrases que nous a parfois attribuées gratuitement la trop fertile imagination de M. paul le cour lui-même ! » (Études Traditionnelles, février 1936) À un correspondant qui lui demandait pourquoi il se préoccupait d’un personnage si négligeable, il répondit le 29 mars 1932 : « En effet, Le Cour n’est qu’un toqué qui peut être négligeable, et je l’ai effectivement négligé tant qu’il semblait n’agir que de lui-même ; j’ai répondu seulement quand il est devenu manifeste qu’il était poussé par d’autres qui se servent de lui comme d’un instrument (et le dernier nº de sa revue en apporte encore des preuves éclatantes). » 

 

35. Son premier sujet d’intérêt fut la pensée de Julius Evola qu’il a étudié dans le cadre d’un mémoire de maîtrise en science politique.  

 

36. Ce livre, sous le titre Yoga, Essai sur les origines de la mystique indienne, commencé en 1929 et terminé en 1932, était sa thèse de doctorat. Il fut publié simultanément en roumain et en français. La version française fut cependant considérablement augmentée et son contenu réorganisé. Il fut réédité dans une version entièrement réécrite en 1954 sous le titre Yoga, Immortalité et liberté. Son autre livre, Techniques du Yoga (1948), est la reprise sous une nouvelle forme des mêmes matériaux. Comme il l'a lui-même raconté, après avoir été obligé de quitter Calcutta en raison de la découverte de sa liaison avec la fille du professeur Dasgupta, chez qui il vivait (c'est le thème de son roman Maitreyi, 1933 ; La nuit bengali en français), Eliade se rendit à Rishikesh, dans le nord-ouest de l’Inde. Il résida quelques mois à l’ashram de Swamî Shivananda Saraswati (1887-1963) où il apprit les bases élémentaires du yoga : âsana et prânâyâma. Malgré l’emploi équivoque qu’il fit parfois du mot guru à ce propos, il semble bien qu’il n’a jamais reçu aucune initiation, même partielle, ni de ce swamî ni d’un autre. Son séjour fut d’ailleurs également écourté en raison d'une autre liaison, cette fois-ci avec une résidente de l'ashram originaire d’Afrique du Sud. (Cf. Florin Turnacu, Mircea Eliade. Le prisonnier de l’histoire, ch. 8, Paris, 2003. Voir aussi, Mac Linscott Ricketts, Mircea Eliade. The Romanian Roots, 1907-1945, 2 vols, New York, 1988 ; Mircea Eliade, Autobiography, 1907-1937, Journey East, Journey West, Chicago, 1990 ; Elisabeth De Michelis, History of Modern Yoga. Patanjali and Western Esotericism, New York-Londres, 2004 ; Claudia Guggenbühl, Mircea Eliade and Surendranath Dasgupta, Zürich, 2008 ; Liviu Bordas, « Mircea Eliade as scholar of Yoga. A historical study of his reception (1936-1954) », New Europe College « Stefan Odobleja » Program Yearbook, Bucarest, 2010-2011, pp. 19-73 & Historical Yearbook. Journal of the Nicolae Iorga History Institut, Bucarest, IX, 2012, pp. 177-195 ; « Inedited Letters of Julius Evola to Mircea Eliade », International Journal on Humanistic Ideology, IV, n° 2, Autumn-Winter, 2011, pp. 125-128 ; Julius Evola, Lettere a Mircea Eliade, 1930-1954, Naples, 2011)

 

37. Repris comme chapitre XXXIII des Aperçus sur l’Initiation. Guénon fait remarquer que « l’éducation profane impose certaines habitudes mentales dont il peut être plus ou moins difficile de se défaire par la suite ; il n’est que trop aisé de constater que les limitations et même les déformations qui sont l’ordinaire conséquence de l’enseignement universitaire sont souvent irrémédiables; et, pour échapper entièrement à cette fâcheuse influence, il faut des dispositions spéciales qui ne peuvent être qu’exceptionnelles. » (C’est nous qui soulignons) Il parlait ici de façon générale, sans vouloir insister sur des inconvénients plus particuliers, dont le livre de M. Bisson donne justement un exemple, comme l’étroitesse de vues qui résulte inévitablement de la « spécialisation. » « Ce qu’il est essentiel d’observer, ajoutait-il, c’est que, si la connaissance profane en elle-même est simplement indifférente, les méthodes par lesquelles elle est inculquée sont en réalité la négation même de celles qui ouvrent l’accès à la connaissance initiatique. » Il est significatif de noter que M. Bisson ne comprend même pas (cf. p. 109) qu’entre deux ignorants, il vaut mieux celui qui se rend compte qu’il ne sait rien, plutôt que celui qui croit savoir quelque chose : « les possibilités naturelles du premier sont intactes, pourrait-on dire, tandis que celles du second sont comme “inhibées” et ne peuvent plus se développer librement. » Le second aurait à se débarrasser des idées fausses dont son mental est encombré.

 

38. On sait par ses Fragments d’un journal ([1943-1969], Paris, 1973) qu’il fréquentait à Paris le Dr Henri Hunwald qui était hostile à Guénon. Un des amis intimes du Dr Hunwald était le sinistre Franck-Duquesne qu’Eliade rencontra le 19 février 1949. Le 25 novembre 1946, il se rendit également chez Robert Desoille dont on se souvient qu’il fut mêlé à l’affaire Mariani (cf. Le Voile d’Isis, octobre 1931). Son Journal, d’une grande vacuité spirituelle, montre d’ailleurs sans conteste qu’il n’était pas un lecteur qualifié de Guénon.

 

39. Nous avons utilisé ici une autre source, où le vocabulaire est très légèrement différent, même si le sens reste le même, que celle donnée par l’inquiétant Claudio Mutti. On a parfois qualifié ce dernier d’ « islamo-nazi », ce qui ne semble pas faux puisque M. Mutti a regretté que l’on ait négligé « l’aspect spirituel du nazisme. » (sic) (cf. sa brochure, Le Nazisme et l’Islam, 2004). Converti à l’Islam en 1977, il a pris le même nom que celui de Johann von Leers, un Allemand lui-même converti à l’Islam en Égypte à la fin des années 50, mais qui avait été membre dirigeant du parti nazi et collaborateur de Goebbels. On ne peut évidemment guère se fier à quelqu’un qui témoigne de telles disqualifications. Il a d’ailleurs ajouté, sous le pseudonyme de Giovanni Servusdei (sic), une note critique ridicule à l’intérieur même de la traduction italienne d’un texte de Michel Vâlsan (cf. Michel Vâlsan, La funzione di René Guénon, Parme, 1985). Faire cela dans le texte même de l’auteur que l’on traduit et que l’on édite, surtout quand il s’agit d’un auteur qui est plus qu’un simple écrivain d’esprit traditionnel, nous paraît un procédé d’une considérable cuistrerie. À propos de Lovinescu, M. Mutti signale que celui-ci aurait vu dans la Garde de Fer « un possible soutien pour une action de restauration traditionnelle. » Il cite en référence deux lettres de Guénon à Lovinescu en date du 28 août 1936 et du 14 juillet 1937. Toutefois, lorsqu’on se rapporte à ces lettres, on y lit des choses bien différentes :

          – « Quant à la “Garde de Fer”, ce que vous m’en dites ne me paraît pas entièrement rassurant ; je me méfie toujours de certaines “révélations” et “missions” (je n’ai vu que trop de choses de ce genre) ; et je ne pense pas qu’actuellement un mouvement “extérieur” quelconque, en Europe, puisse réellement être fondé sur des principes traditionnels. Le mieux me paraît de se tenir autant que possible à l’écart de toutes ces activités, qui ne peuvent guère être qu’inutilement dangereuses. Il faudrait d’ailleurs s’entendre sur le sens exact de ce que vous appelez une “restauration shivaïte” ; je ne pense pas que cela doive forcément impliquer un usage extérieur de la violence…» (28 août 1936)

            Cette idée d’une « restauration shivaïte » provenait sans doute d’une remarque précédente de Guénon formulée à propos de toute autre chose : « C’est bien en effet à Baber et à Akbar que je pensais ; quant à Tamerlan lui-même et à Gengis-Khan, vous n’avez certainement pas tort d’y voir des manifestations (ne disons pas des incarnations) de la “rigueur”. Un autre cas bien singulier, dans le même ordre d’idée, c’est celui du Khalife El-Hakim bi-Amri’llah, qui fut un effroyable tyran et qui est considéré par les Druzes comme une manifestation divine. Il y a évidemment dans tout cela quelque chose qui est en rapport avec un aspect “destructif” qui se retrouve aussi, dans l’Inde, lié à certaines formes shivaïtes et tantriques. Tout cela est assurément difficile à expliquer d’une façon tout à fait claire ; et, pour en dire des choses précises au point de vue historique, il faudrait entreprendre des recherches qui ne seraient certainement pas sans intérêt, mais qui demanderaient beaucoup de temps… » (24 février 1936)

               – « M. Avr[amescu] vous reprochait notamment, comme une imprudence grave, de penser à vous appuyer sur la G[arde] de F[er] pour un mouvement de restauration traditionnel ; mais il semblerait, d’après ce que me dit M[ichel V[âlsan], que ce soit lui qui tente actuellement quelque chose de ce côté. – M[ichel] V[âlsan] fait allusion à Mircea Eliade. » (14 juillet 1937) (Le 24 janvier 1937, Eliade avait en effet publié son premier article favorable à la Garde de fer où il tentait de lui conférer une dimension « traditionnelle » dans le cadre du christianisme orthodoxe. Il fit partie d’une cellule d’intellectuels légionnaires appelée « La lueur » (et non pas Axa, contrairement au témoignage inexact d’un ancien légionnaire repris par M. Mutti), qui avait pour but de réunir les personnalités du domaine culturel. C’est dans ce cadre qu’en 1938, il rencontra Julius Evola qui était venu à Bucarest pour rencontrer Codreanu. Cf. F. Turnacu, op. cit., ch. 12)

            On le voit, si Lovinescu a pu s’interroger un moment sur la possibilité du caractère traditionnel de la Garde de Fer, ce qui paraît assez naturel, ses questions avaient trouvé une réponse… Dans une lettre du 13 avril 1937, Guénon lui disait encore : « – Ce que vous me dites d’autre part à propos de la “Garde de Fer” a bien l’air de se rattacher encore à des choses du même genre ; il est assez manifeste que les mêmes “forces” agissent actuellement à la fois de côtés apparemment opposés. » Les « choses du même genre » étaient des « forces obscures » intervenues à Maglavit. En 1935, dans ce petit village de Valachie, le berger Petrache Lupu (1907-1994) déclara avoir été témoin de l’apparition de Dieu sous l’apparence d’un vieil homme flottant au-dessus du sol dont les cheveux couvraient tout le corps comme un vêtement et dont on ne voyait que le visage et les orteils. Entre 1935 et 1938, deux millions de personnes se seraient rendues à Maglavit. Dans la même lettre, à propos de ces apparitions, Guénon déclarait : « mais plus j’examine la question, plus mon impression se précise : il y a sûrement une influence psychique très puissante en action là-dedans, mais ce qui se trouve derrière paraît être d’un caractère tout à fait inquiétant et même plutôt “ténébreux”. » Après avoir consulté une carte géologique de la région dans un atlas envoyé par Michel Vâlsan, René Guénon indiquait que la manifestation de cette influence psychique inférieure avait pour support les sources de pétrole de l’Olténie. (Sur le cas de Petrache Lupu du point de vue de la tradition chrétienne orthodoxe, cf. Mihail Urzică, Minuni şi false minuni [Miracles et faux miracles], Bucarest, 1993) On pourrait sans doute dire aujourd’hui la même chose de l’anti-califat pseudo-islamique institué par l’hérésie néo-salafiste. Le témoignage selon lequel Lovinescu aurait déclaré verbalement, en 1971, qu’il considérait que la Garde de Fer avait été l’« expression [la] plus profonde de l’âme roumaine » n’est guère étonnant si l’on sait que les influences subtiles, quand elles se manifestent de façon sensible, prennent des formes ou des supports en correspondances avec la mentalité de ceux qui les perçoivent. Comment pourraient-elles être perçues par celle-ci sans cela ? Et les tromper dans ces cas-là ? Ainsi, plus la population où elles se manifestent est homogène et plus ses influences lui correspondront profondément. Au regard de ses travaux, comme celui sur La Dacie hyperboréenne (Puiseaux, 1987),  ce propos occasionnel ne nous semble pas la preuve d’une quelconque adhésion formelle, mais plutôt l’expression substituée d’une nostalgie pour quelque chose qui finalement ne s’est jamais remanifestée en Roumanie à son époque en dehors de l’apparence trompeuse et fugitive prise un moment par la Garde de Fer. Il n’est pas exclu aussi que Lovinescu, connaissant depuis trop longtemps au quotidien l’oppression et la férocité meurtrière de la dictature communiste d’obédience soviétique, ait pu penser un instant que les choses eussent sans doute été moins déplorables sous un autre régime quel qu’il fût… (Le numéro spécial hors-série d’avril 1990 de Connaissance des Religions, « Roumanie, terre de foi », donne quelques témoignages de l’épouvantable persécution antitraditionnelle du régime communiste.) Tout cela ne permet certainement pas de conclure qu’il fut un partisan de la Garde de Fer comme le voudraient certains à l'instar de M. Mutti. D’autant qu’aucun de ses textes n’en témoigne. Au passage, regrettons que l’ensemble de ses écrits ne soit toujours pas traduit en français.

 

40. Et parfois, Guénon lui-même, comme le supposait Michel Vâlsan et du moins si l’on en croit une de ses notes en date du 26 août 1947 : « C’est seulement après que vous ayez étudié les écrits de Coomaraswamy en détail que vous découvrez, soudainement, la pauvreté, le simplisme [primarism en roumain] de l’œuvre de René Guénon. Et l’insupportable suffisance avec laquelle il cache, si souvent, son ignorance. » (Mircea Eliade Papers, box, 15/2, cité par Liviu Bordas, art. cit., p. 143, 2011) Il est possible que cette absurdité malveillante ne fût qu’une réaction « épidermique » au souvenir des critiques, pourtant légères, que Guénon avait émis contre ses articles en 1946. Dans son Journal du Portugal, il note ses rencontres avec Carl Schmitt et le Dr Mario, en 1942 et 43, qui tous deux lui déclarent que « l’homme vivant le plus intéressant de notre temps est René Guénon. » Pour le premier, il ajouta la mention : « et il [fut] heureux que j’en sois d’accord », mention qu’il barra ultérieurement. Pour le second, il indiqua entre parenthèses : « Je ne crois pas cela toujours, mais souvent. Quoique je considère Aurobindo Ghose plus “parfait”. » (cf. Mircea Eliade, The Portugal Journal, translated from the Romanian and with a Preface and Notes by Mac Linscott Ricketts, pp. 32 & 72, Albany, NY, 2010). En tenant compte du fait que le propre d’un journal intime est de consigner quotidiennement ce que l’on pense sur le moment, c’est-à-dire des pensées fluctuantes qui n’expriment pas forcément des choses profondes et définitives, on peut néanmoins considérer qu’il était de plus en plus loin de ce qu’il pensait en 1925 quand il écrivait que Guénon était « un vrai maître » (cf. Fragmentarium, p. 182, Paris, 1989). Il est ironique d’observer qu’Eliade, qui reprochait notamment à l’œuvre de Guénon son caractère « anhistorique », s’est trouvé accusé d’avoir été lui-même « prisonnier de l’histoire. » (Cf. Florin Turnacu, op. cit. ; L. Bordas, « Between the Devil’s Waters and the Fall into History Or an Alternate Account of Mircea Eliade’s Diopteries », Translated from the Romanian by Mac Linscott Ricketts, International Journal on Humanistic Ideology, Vol. 4, Issue 2, 2011)

 

41. Les ouvrages qu’il publia comme directeur de collection en disent long sur son manque de discernement : La guerre des sexes par Maryse Choisy (1970) ; Médiums et fantômes par Robert Tocquet (1970) ; Nos vies antérieures par J. Kant et D. Kesley (1971) ; Journal d’un parapsychologue par le Dr J. Barry (1971) ; Hypnose, sophrologie et médecine par G. R. Rager (1973), etc. C’était le « New Age » avant l’heure…

42. ...

Cet article n’est plus en libre accès.
Il est contenu dans l'édition imprimée du numéro 2
et du Recueil annuel 2016 des Cahiers de l'Unité

 

 

Mgr Lucien Paulot (1864-1938),

Pronotaire apostolique,

Vicaire général de Reims,

mit fin à la collaboration de

Guénon à Regnabit

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